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				<title>SOCIETE PAR ERIC JL BRETON</title> 

				<link>http://societe2.monblogue.com/</link> 

				<description>par ERIC JL BRETON</description> 
	
				<language>en-us</language> 

			 
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						<title>LES FILLES DE SADDAM</title> 

						<link>http://societe2.monblogue.com/2003/06/02#18394</link> 

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 AFP Général International, lundi 2 juin 2003 Les filles de Saddam Hussein candidates à l'asile en Grande-Bretagne (presse) LONDRES (AFP) - Les filles de Saddam Hussein ont l'intention de demander l'asile en Grande-Bretagne, a affirmé un cousin de l'ex-dictateur irakien, selon l'édition de dimanche du quotidien en langue arabe al-Sharq al-Awsat. Izzi-Din Mohammed Hassan al-Majib, qui vit en exil à Londres, a indiqué au journal, qui a son siège dans la capitale britannique, qu'il préparait les dossiers de demande d'asile pour les deux filles de Saddam Hussein, Raghad, 35 ans, et Rana, 33 ans. La Grande Bretagne est le choix numéro un comme pays d'asile des deux soeurs, actuellement à Bagdad, a expliqué al-Majid. Mais si l'accès leur est refusé, elles tenteront de commencer une nouvelle vie en Egypte, au Qatar ou dans les Emirats, a-t-il ajouté. Selon al-Majib, les deux soeurs vivent avec leurs neuf enfants dans deux pièces d'une maison propriété de leur famille, où elles so!
nt contraintes de laver leur linge et faire la cuisine, et souffrent toutes deux de troubles psychologiques sévères. Le cousin de l'ancien dictateur a déclaré que, pas plus que lui, elles n'avaient la moindre idée de l'endoit où se trouvent Saddam Hussein et ses deux fils Oudaï et Qousaï, qui figurent en tête de la liste des personnalités de l'ancien régime irakien recherchées par la coalition américano-britannique. Les maris des deux femmes avaient été assassinés sur ordre de Saddam Hussein en 1996 après avoir fait défection en Jordanie et être revenu à Bagdad sur la promesse qu'ils ne seraient pas punis, a encore déclaré al-Majid. &quot;Selon la Convention de Genève, le Royaume Uni n'est pas tenu d'offrir l'asile à des criminels de guerre reconnus ou à ceux qui ont violé les droits de l'homme, mais je ne dis pas que cela s'applique dans ces deux cas&quot;, a souligné un porte-parole du ministère britannique de l'Intérieur. ag/mt/dm eaf.tmf Catégorie : Politique nationale et inter!
nationale Sujet(s) - AFP Général : Irak; GB; asile Heure !
de publication : 00:12 GMT Taille : Court, 231 mots © 2003 AFP. Tous droits réservés. Doc. : 20030602AF0FRS17_153_021205 


 
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						<title>AUSCHWITZ</title> 

						<link>http://societe2.monblogue.com/2003/06/02#18380</link> 

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 La Croix
RELIGION, lundi 2 juin 2003, p. 21 
COMMUNAUTES
A Auschwitz, des juifs et des musulmans se rencontrent. INTERRELIGIEUX. Le P. Émile Shoufani a conduit dans l'ancien camp 450 personnes venues d'Israël, de France et de Belgique, juives, musulmanes ou chrétiennes. Auschwitz (Pologne), reportage de notre envoyé spécial. 
SENEZE Nicolas 
Sur un mur du musée d'Auschwitz, Shlomo Venezia parcourt du doigt la liste des convois venus de Grèce. « 11 avril 1944 - provenance Athènes », la ligne est précédée d'une liste de numéro. Et sur le bras de Shlomo Venezia, le numéro rappelle qu'il est un des survivants de ce convoi. 
Il est en effet le dernier survivant européen des Sonderkommando, les équipes chargées de vider les corps des chambres à gaz pour les incinérer. Il avait alors 19 ans. La semaine dernière, Shlomo Venezia donnait ce témoignage devant un groupe inédit à Auschwitz : 450 personnes venues d'Israël, de France et de Belgique. Des juifs, des musulmans, des chrétiens et des agnostiques, mélangeant kippa, hidjab, casquettes sous le soleil polonais. 
« J'ai été très ému d'entendre parler arabe à Auschwitz », témoigne le rabbin Daniel Fahri, fondateur du Mouvement juif libéral de France. L'initiative avait été lancée l'année dernière par le P. Émile Shoufani, prêtre grec-catholique à Nazareth, connu pour les rencontres régulières qu'il organise entre les jeunes Arabes de son école avec les élèves d'un lycée juif de Jérusalem. 
« Beaucoup d'Arabes sont dans une ignorance terrible par rapport à la Shoah. Or, si on ne voit pas les lieux, on ne peut pas se rendre compte », souligne le prêtre qui a lui-même découvert la Shoah lors d'une visite à Dachau, au cours de ses études au séminaire d'Issy-les-Moulineaux, dans les années 1960. « J'espère que cette initiative pourra expliquer certaines de nos réactions comme l'importance qu'ont pour nous l'armée et la défense », explique ainsi Liav, jeune étudiante à l'université de Tel-Aviv. 
Arabes et juifs ne se parlent pas. Chacun a peur. 
Le voyage est pour elle l'occasion de faire mieux connaissance avec des Arabes qui sont pourtant ses concitoyens. « Je rencontre peu d'Arabes car nous vivons séparés », témoigne-t-elle. Elle a aussi réalisé à quel point la Shoah, qui représente beaucoup moins pour les jeunes Israéliens que pour leurs aînés, affecte toujours la réalité israélienne. « C'est là le véritable problème : Arabes et juifs ne se parlent pas. Chacun a peur. Et cette peur, du côté israélien, vient de l'Holocauste », précise Hyam Tannous, arabe israélienne et inspectrice au ministère de l'éducation. 
Du côté juif comme du côté musulman, la mise en oeuvre d'une telle initiative n'allait pas de soi. « Il y a eu beaucoup de réticences à ce voyage car nous rentrons dans le lieu qui rassemble tout le peuple juif, explique le P. Shoufani. Certains craignaient une récupération ou redoutaient que les Arabes demandent une réciprocité. Côté arabe, au contraire, certains s'inquiétaient de la gratuité de notre geste et que nous ne demandions rien en retour, tandis que d'autres s'interrogeaient sur le point de savoir si c'était bien le moment d'aller à Auschwitz alors que le peuple palestinien souffre. » 
Malgré ces réticences, le projet a finalement vu le jour, permettant à de nombreux Arabes israéliens de toucher plus précisément du doigt le drame de la Shoah. « Je connaissais beaucoup de choses sur la Shoah, je l'ai beaucoup enseignée aux élèves, je suis allé à Yad-Vashem : mais cela n'est rien à côté de ce que j'ai vécu ici, raconte par exemple Suleyman. Cette visite m'a causé une telle souffrance que je ne sais pas quand elle me quittera. » « Ici, nous avons beaucoup appris sur la Shoah, ajoute Ahmad. Mais nous avons surtout ressenti la souffrance du peuple juif ». 
Côté juif aussi : « Je ne sais pas si vous vous rendez compte de ce que représente pour les survivants la présence de musulmans à ce voyage », lance Ida Grinspan, rescapée d'Auschwitz, émue jusqu'aux larmes. « Pour moi, cette initiative venant de gens qui ont toutes les raisons du monde d'être en colère contre nous est un grand espoir », insiste Micha, venue de Jérusalem. Mais sur un sujet où l'appartenance communautaire est souvent déterminante, le P. Émile Shoufani situe encore ailleurs le succès de cette initiative. « La réussite est surtout que chacun a pu accepter de parler de lui-même sans référence à la politique ou l'actualité », explique-t-il. 
« Avec les jeunes musulmans, j'ai eu de bonnes discussions, mais sans que soit évoquée la question Israël et de la Palestine », assure ainsi Jonathan, éclaireur israélite de France qui passe de longs moments à bavarder avec un groupe de scouts musulmans venu de Toulouse. « J'ai déjà eu deux fois l'occasion de venir ici, mais je n'ai jamais voulu : je ne voulais pas venir dans un cadre exclusivement juif. » « Si nous n'étions venus qu'avec des musulmans, cela n'aurait eu aucun sens », lui répond en écho Khalifa, animatrice de jeunes scouts musulmans. 
Néanmoins, derrière l'émotion, se cache un travail de fond essentiel : un séminaire préparatoire de trois jours pour le groupe français et trois rencontres pour le groupe israélien. « L'objectif était de donner les bases historiques les plus sérieuses possibles : car il faut se méfier de l'émotion quand elle ne repose pas sur des bases solides », explique le docteur Richard Prasquier, président du Comité français pour Yad-Vashem. 
Quelle sera la suite de ce voyage ? « Personne ne peut la calculer », avance Tareq Oubrou, imam de la mosquée de Bordeaux et personnalité de l'UOIF qui estime cependant nécessaire un travail sur le sujet au sein de la communauté musulmane. « Il n'y a pas de projet concret, affirme de son côté le P. Shoufani. Nous ne cherchons pas de solution politique au conflit israélo-palestinien, mais nous voulons influer sur les politiques. » Pour Suleyman, Arabe de Galilée, il faut passer à une autre étape : « Pour arrêter la violence, il faudrait maintenant que ce soient ceux qui encouragent la violence qui viennent dans ce genre de groupes. » 
Nicolas SENÔZE 
Catégorie : Anecdotes/Société
Sujet(s) uniforme(s) : Religion, philosophie et éthique
Sujet(s) - La Croix : OECUMENISME; JUIF; MUSULMAN; CHRETIEN
Lieu(x) géographique(s) - La Croix : POLOGNE; AUSCHWITZ; ISRAEL; FRANCE; BELGIQUE
Nom(s) propres(s) : SHOUFANI Emile
Type(s) d'article : REPORTAGE
Taille : Long, 709 mots 
© 2003 la Croix. Tous droits réservés. 
Doc. : 20030602LC0030602LC_inx078



 
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						<title>INTERNET</title> 

						<link>http://societe2.monblogue.com/2003/06/02#18366</link> 

						<description> 
 L'UE poursuit son action contre les contenus illicites et préjudiciables en ligne
  
DN: IP/03/774     Date: 28/05/2003 



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IP/03/774 

Bruxelles, le 28 mai 2003 

L'UE poursuit son action contre les contenus illicites et préjudiciables en ligne

Dans le cadre de l'action déterminée de l'Europe contre les contenus illicites et préjudiciables sur l'internet et les nouveaux moyens de diffusion tels les téléphones mobiles, le Parlement européen et le Conseil ont adopté la proposition de la Commission de prolonger de deux ans le plan d'action pour un internet plus sûr. 

Pour mieux armer et sensibiliser les parents et les enfants, et les doter des moyens dont ils ont besoin pour vivre au jour le jour dans une société de l'information, le Conseil de l'UE a accepté, en accord avec le Parlement européen, de proroger de deux ans le plan d'action pour un internet plus sûr. Telle est la réponse donnée par l'UE pour traiter de la question controversée du contenu illicite et préjudiciable sur l'internet. Le plan d'action soutient un réseau de lignes directes en Europe permettant aux utilisateurs de signaler tout contenu illicite, encourage l'autoréglementation, établit l'étalonnage comparatif des systèmes de filtrage et de classement, et soutient un réseau européen de centres de sensibilisation pour un internet plus sûr. 

Pour M. Erkki Liikanen, commissaire européen chargé du secteur des entreprises et la société de l'information, «il est important que tout le monde, y compris les parents, comprenne le phénomène internet, et notamment la manière dont leurs enfants peuvent l'utiliser. La prorogation de notre plan d'action pour l'internet, a-t-il ajouté, est un pas important dans cette direction». 

Le plan d'action prorogé pour un internet plus sûr prévoit des mesures visant à encourager les échanges d'informations et la coordination entre les acteurs concernés au niveau national, et prévoit des mesures spéciales pour les pays candidats à l'adhésion. Les acteurs dans le domaine de l'autoréglementation sont réunis dans un forum - le Forum pour un internet plus sûr - construit sur le modèle du Forum de l'UE sur la cybercriminalité. Le plan d'action prorogé s'applique à un grand nombre de types différents de contenus illicites, y compris les documents racistes, et tient compte des nouvelles technologies en ligne, dont le contenu mobile et à large bande, les jeux en ligne, le transfert de fichiers de poste à poste, et toutes les formes de communication en temps réel comme les salons de bavardage et les messages instantanés. Les réseaux de lignes directes et de nœuds de sensibilisation restent les instruments clés du programme, à côté de l'évaluation comparative des logiciels de filtrage. 

Les premiers appels de propositions dans le cadre du plan d'action pour un internet plus sûr (pour un montant de 13,3 millions d'euros) seront lancés en juillet 2003. 

Informations complémentaires 

http://europa.eu.int/iap 

http://www.saferinternet.org 

 

  
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						<title>LE POUVOIR DE LA TELEVISION</title> 

						<link>http://societe2.monblogue.com/2003/06/01#18244</link> 

						<description> 
 ET LE GAGNANT EST SIMONE I. Tout au long de ce GIRO, un nom aura été mentionné, celui de SIMONI .Vainqueur sans surprise, et bien entendu sans contestation possible.Cependant, les victoires à répétitions de SIMONI, m'interpellent.Et me rapelle les victoires de SIMONE, aux oscars fictifs du film d'ANDREW NICCOLL, SIMONE. Le film relate l'histoire de la première actrice numérique, donc qui n'existe pas .Seulement la magie du numérique, fait que cette SIMONE prend vie, et devient crédible aux yeux du public .Elle deviendra même, petit à petit la plus grande idole de l'histoire du CINEMA, jusqu'à être nommée deux fois, pour deux films différents, dans la même catégorie, celle de la meilleure actrice .Maintenant, imaginons que quelqu'un donne vie à un coureur numérique ? .Plus de dopages,et plus d'accidents...Il sera donc facile, de lui faire grimper le MONT BLANC en vélo, à 100km/heure.Et le public adorera .En fin de compte, c'est le coureur qui est obligé de se doper et de se droguer, pour plaire aux téléspectateurs et aux médias.Et malheureusement, c'est le téléspectateur qui est drogué .Il ne peut plus se passer de sensations fortes, et encore moins, d'exploits surhumains .On demande toujours plus et mieux .Un coureur numérique pouraît donc sauver beaucoup de vies .Jusqu'à temps, que les drogués soient désintoxiqués, et donc écoeurer ou lasser du CYCLISME. Et oui, comme pour toutes choses, on essaye par tous les moyens de nous dégoûter de ce que l'on aime le plus, pour nous faire accepter et aimer ce qu'on n'aime pas, par résignations ou par la force .Une répétition de l'absurde, car personne n'aurait aimé le cyclisme, si on ne nous avait pas conditionné dans ce but . 
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						<title>JOSPIN</title> 

						<link>http://societe2.monblogue.com/2003/05/31#18193</link> 

						<description> 
 L'affaire de la maison de l'île de Ré de M. Jospin a été classée
LE MONDE | 31.05.03 | 14h06 
Son accusatrice, Gisèle Néron, a été mise en examen pour &quot;dénonciation calomnieuse&quot;
A trop vouloir ferrailler avec les notaires véreux, Gisèle Néron est peut-être allée un peu loin. La présidente de la Ligue européenne de défense des victimes de notaires avait écrit au parquet de La Rochelle, fin 2001, pour s'émouvoir des conditions d'acquisition d'une maison d'Ars-en-Ré (Charente-Maritime) quelques mois plus tôt par le premier ministre de l'époque, Lionel Jospin, et son épouse, Sylviane Agacinski. L'affaire est aujourd'hui terminée, et Mme Néron mise en examen pour &quot;dénonciations calomnieuses&quot;.

Le prix de vente de cette maison, fixé en janvier 2001, avait été sous-évalué, assurait l'association. Elle s'interrogeait aussi sur l'origine des fonds. Mme Néron appuyait ses dires sur l'acte de vente, qu'elle avait obtenu à la Conservation des hypothèques de La Rochelle et sur lequel était collé un &quot;Post-it&quot;. Le papier indiquait que &quot;la valeur réelle&quot; de la maison était de 4,150 millions de francs, et non de 1,970 million, prix auquel le couple Jospin l'a achetée.

Dans un premier temps, le parquet de La Rochelle avait ordonné une enquête préliminaire, ce qui avait poussé M. Jospin à révéler, lors d'un conseil des ministres, les conditions d'achat précises de ce pavillon de 120 m2, avec une petite cour et sans jardin (Le Monde du 19 janvier 2002). La France entière avait ainsi pu apprendre que l'apport personnel du premier ministre s'élevait à 138 000 francs, contre 281 960 francs pour son épouse.

L'AUTEUR DU &quot;POST-IT&quot;

Quelques semaines plus tard, le 5 février 2001, le parquet classait le dossier sans suite. &quot; L'acte notarié ne présente aucune irrégularité et les investigations ont établi que la valeur du bien vendu correspond à la valeur des immeubles comparables sur le marché immobilier local pendant la période considérée&quot;, expliquait le procureur de la République Joëlle Rieutort. L'affaire n'était pas finie pour autant.

Fin janvier 2002, le conservateur des hypothèques de La Rochelle et la chambre des notaires de Charente-Maritime ont réagi en déposant plainte pour &quot;dénonciation calomnieuse&quot;. Le 31 octobre 2002, le juge d'instruction Xavier Rolland, en charge du dossier, a décidé de mettre en examen Gisèle Néron. Selon un rapport d'expertise graphologique, la présidente de la Ligue serait très probablement l'auteur du Post-it qui prétendait révéler &quot;la valeur réelle&quot;de la maison. Le juge d'instruction a demandé toutefois une contre-expertise, avant de clore définitivement le dossier. Entendue le 22 mai par M. Rolland, Mme Néron nie les faits qui lui sont reprochés.

Piotr Smolar

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 01.06.03  

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					</item> 

				 
					<item> 

						<title>INTERNET</title> 

						<link>http://societe2.monblogue.com/2003/05/31#18187</link> 

						<description> 
 
 
 
Le Conseil d'Europe pour la liberté d'expression sur internet 

STRASBOURG (Reuters) - Les 45 Etats membres du Conseil de l'Europe ont adopté une déclaration commune qui énonce les principes devant s'appliquer à la communication électronique pour garantir la liberté d'expression.


Dans le préambule du texte, les Etats se disent &quot;préoccupés par les tentatives visant à limiter l'accès du public aux communications sur l'internet, pour des raisons politiques ou d'autres motifs contraires aux principes démocratiques&quot;.


&quot;La liberté d'expression et la libre circulation de l'information sur l'internet doivent être réaffirmées&quot;, selon eux.


En guise de principe numéro 1, qui vaut principe général, ils estiment que &quot;les Etats membres ne devraient pas soumettre les contenus diffusés sur internet à des restrictions allant au-delà de celles qui s'appliquent à d'autres moyens de diffusion de contenus&quot;.


En conséquence de quoi, ils s'opposent notamment à tout système de censure préalable, &quot;au moyen de mesures générales de blocage ou de filtrage&quot;, ce qui n'exclut pas selon eux l'éventualité d'un filtrage destiné au mineurs.


Ils admettent, de la même manière, le blocage, voire la suppression d'un contenu &quot;clairement identifiable&quot;, dès lors que &quot;les autorités nationales compétentes ont pris une décision provisoire ou définitive sur son caractère illicite&quot;.


UN CODE DE BONNE CONDUITE


Le droit à l'anonymat des utilisateurs doit être garanti &quot;afin de favoriser l'expression libre d'informations et d'idées&quot;, ce qui &quot;n'empêche pas les Etats membres&quot; de prendre des mesures pour &quot;retrouver la trace de ceux qui sont responsables d'actes délictueux&quot;.


Le texte affirme enfin &quot;qu'il est nécessaire de limiter la responsabilité des fournisseurs de services qui font office de simples transporteurs ou, de bonne foi, donnent accès aux contenus émanant de tiers ou les hébergent&quot;.


Ce principe avait motivé le tribunal correctionnel de Paris lorsqu'il avait relaxé, le 11 février dernier, l'ancien président du portail américain Yahoo, poursuivi pour &quot;apologie de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité&quot;, après la mise aux enchères d'objets nazis sur internet.


La &quot;déclaration&quot; adoptée par les ambassadeurs des Etats membres du Conseil de l'Europe a, avant tout, valeur de code de bonne conduite.


Elle apporte un éclairage en contrepoint à la Convention du Conseil de l'Europe sur la cybercriminalité, qui engage essentiellement les contractants à réprimer le piratage informatique, l'atteinte à la propriété intellectuelle et la pornographie infantile sur internet.


Un protocole additionnel a ajouté le racisme et le négationnisme aux contenus qui doivent être prohibés.


Ouverte à la signature le 23 novembre 2001, la Convention sur la cybercriminalité n'a été ratifiée à ce jour que par l'Albanie, la Croatie et l'Estonie. Cinq ratifications sont requises pour qu'elle entre en vigueur. 
 
 
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						<title>LE CONCORDE</title> 

						<link>http://societe2.monblogue.com/2003/05/30#18122</link> 

						<description> 
 LEGENDE. Demain, Concorde aura vécu  
Samedi autour de 18 heures, le supersonique, véritable mythe national, mettra un point final à une épopée longue de trente-quatre ans. Il atterrira à Roissy, en provenance de New York. La fin d'une aventure, la mort d'un mythe. Emotion assurée. 
 
 
 

C'EST AUTOUR de 18 heures que le bel avion blanc aux armes d'Air France se posera à Roissy, après avoir décollé quelque 4 heures plus tôt de New York. Un atterrissage « en douleur » qui met un point final à une épopée de trente-quatre ans. Une épopée humaine digne des plus grandes fresques romantiques, semée d'espoirs, de conquêtes et de désillusions. Une aventure tour à tour géniale et tragique.

Jamais aucun avion n'aura nourri autant de fascination et d'émotion, individuelle et collective. Comme le paquebot « France », Concorde s'est vite transformé en mythe national. Plus de 150 auteurs l'ont pris pour thème de leurs ouvrages, sans compter ceux en préparation. 750 timbres à son effigie ont été imprimés dans le monde. Sans parler de la « Concordemania » qui dans les années 70 et 80, a fait de l'avion qui « allait plus vite que le soleil » l'emblème le plus décliné par les géants de l'agroalimentaire, les lessiviers ou les fabricants de jouets. Depuis qu'ils ont appris sa fin prochaine, les fans se sont précipités par milliers, deux fois par jour, aux abords de la RN 17, à Goussainville, pour admirer l'envol ou l'approche de leur avion passion. Un spectacle qu'ils savent, désormais, éphémère. Depuis quelques semaines, les gendarmes n'ont pas hésité à condamner systématiquement une des voies de la nationale pour la transformer en parking des amoureux du Concorde.

L'avion de tous les records 

La crise du transport aérien, la dégradation de la situation économique mondiale et les menaces terroristes auront donc eu raison de lui. Et dans quelques mois, de son frère jumeau britannique. Mais « la tribu Concorde », les 147 mécaniciens et techniciens de maintenance, les 90 hôtesses et les 36 pilotes garderont imprimées à tout jamais les étapes de la vie de leur « bébé » qui aura rythmé, pendant plus de trois décennies, leurs propres existences. 

Le 2 mars 1969, André Turcat survole Toulouse à bord du prototype 001 à aile à delta. En octobre 1969, Concorde franchit le mur du son et atteint, le 4 novembre 1970, mach 2 (2 155 km/h). En janvier 1976, les premières liaisons commerciales sont inaugurées. Dès lors, l'avion bat record sur record. Il cumule les tours du monde et sert d'avion présidentiel à François Mitterrand. Il devient aussi le symbole du luxe de la croisière aérienne transatlantique pour les stars, les top models, les grands patrons et les hommes politiques. Parmi les habitués, les chanteurs Elton John, Sting, Paul McCartney, Johnny Hallyday ou Mireille Mathieu, les mannequins Liz Hurley et Claudia Schiffer, les hommes d'affaires comme le parfumeur Jean-Paul Guerlain ou Jean-Marie Messier du temps de sa splendeur... 

Mais en juillet 2000, c'est le drame. Des restes du « Concorde l'invincible » sont extraits les corps de 113 morts... Une tragédie dont l'avion ne s'est jamais remis. La guerre en Irak, enfin, a infligé le coup de grâce à ce bijou de la technique, relégué bientôt au rang de curiosité de musée. 

Exposition « Concorde l'oiseau supersonique », le samedi 21 juin à la Maison de l'environnement de l'aéroport d'Orly. Renseignements au 01.49.75.25.85. 

 
Carole Guéchi (avec Denis Carreaux)  

Le Parisien , vendredi 30 mai 2003  
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					<item> 

						<title>UNE ERREUR</title> 

						<link>http://societe2.monblogue.com/2003/05/30#18110</link> 

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 Un ancien combattant découvre qu'il est &quot;mort&quot; depuis 60 ans 
LONDRES (Reuters) - Un vétéran britannique de la Deuxième Guerre mondiale a découvert sur le monument aux morts de sa ville qu'il était considéré comme mort depuis près de 60 ans, rapporte le Times vendredi. 
George O'Key, 83 ans, a été stupéfait de retrouver son nom sur la liste d'honneur du monument commémoratif de Middlesbrough, dans le nord-ouest de l'Angleterre. 
&quot;Je suis allé directement au bureau du directeur du parc. Je lui ai dit: 'je veux juste que vous sachiez que je suis toujours vivant.' J'ai failli mourir plusieurs fois durant la guerre, mais personne n'a réussi à me tuer&quot;, a-t-il raconté au Times. 
Le nom inscrit sur la plaque de bronze du monument aurait dû être celui du frère aîné de George O'Key, Frederick, décédé alors qu'il était prisonnier de guerre des Japonais en 1944. George servait, lui, dans la marine marchande. 
Le conseil municipal de Middlesbrough a annoncé qu'il allait corriger cette erreur. 

 
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					</item> 

				 
					<item> 

						<title>VICHY</title> 

						<link>http://societe2.monblogue.com/2003/05/30#18097</link> 

						<description> 
 Vichy ou le déni de justice
LE MONDE DES LIVRES | 29.05.03 | 17h51 
Un travail rigoureux et sensible sur les cours martiales de l'Etat français du début de 1944 
LA JUSTICE DU PIRE Les cours martiales sous Vichy de Virginie Sansico. Payot, 384 p., 21 € .

Succédant à René Bousquet, Joseph Darnand, chef de la Milice, devient à l'extrême fin de 1943 secrétaire général au maintien de l'ordre – instance à laquelle vient d'être rattachée l'administration pénitentiaire. Il le restera jusqu'à l'écroulement du régime, accédant même au titre de ministre en juin 1944. En cette période de fuite en avant du régime de Vichy vers toujours plus de collaboration et de quasi-guerre civile en plusieurs parties du territoire, une telle nomination signe clairement la confusion des rôles entre appareil d'Etat – au moins dans certaines de ses composantes – et factions miliciennes.

De cette forme d'hybridation vont naître, le 20 janvier 1944, les cours martiales. Composées de trois membres désignés par le secrétaire général au maintien de l'ordre, et délestées de l'encombrante procédure pénale – les inculpés n'étaient pas assistés par un avocat –, elles jugeaient les personnes poursuivies pour crime lié à une activité &quot;terroriste&quot;, qu'elles avaient la faculté soit d'acquitter, soit de faire immédiatement passer par les armes. Chargées officiellement de cette forme expéditive de ce que l'on ose à peine qualifier de justice, elles ne s'en inscrivent pas moins dans le cadre légal de ce qui reste l'Etat français. 

Virginie Sansico s'attache à souligner combien ce dispositif, dont la finalité n'est rien d'autre que l'exécution sommaire de résistants, jeunes pour la plupart, n'en fait pas moins l'objet de tractations administratives banales, tout en s'inscrivant dans un jeu de redistribution des pouvoirs de répression né de la réticence des juridictions pénales – y compris celles, extraordinaires, créées par le régime – à se montrer aussi sévères que le pouvoir et les Allemands l'exigent.

De ces cours martiales, Virginie Sansico nous présente un panorama clair, de leur genèse à leur triste bilan (200 personnes exécutées au moins, en six mois de fonctionnement). Mais elle n'oublie pas non plus – ce qui est parfois le risque lorsque, gisements archivistiques obligent, on s'intéresse aux créations institutionnelles de l'Etat français – d'évoquer, après la &quot;sombre chronique&quot; des bourreaux et de leurs actes, leurs victimes, en des pages émouvantes issues des dernières lettres de quelques-uns des très jeunes condamnés de ces cours. 

Livre capable de mêler rigueur méthodologique et expressivité d'écriture, ce travail confirme que, s'agissant de Vichy, et même sous des aspects aussi étudiés que la répression, il reste encore des pages d'histoire à écrire.

Marc Olivier Baruch

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 30.05.03 
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						<title>VINS</title> 

						<link>http://societe2.monblogue.com/2003/05/29#18031</link> 

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 Les appellations d'origine cherchent à se protéger au niveau mondial
LE MONDE | 28.05.03 | 13h26 
Les défenseurs des AOC européennes, réunis mercredi 28  mai à Bordeaux, voudraient créer un registre des productions protégées opposable dans le monde entier. Mais de nombreux pays, dont les Etats-Unis, sont hostiles à ce projet, qui devrait être de nouveau discuté à l'OMC, en septembre.
Les terroirs sont décidés à passer à l'offensive. Les appellations d'origine contrôlée (AOC) veulent se faire entendre avant les négociations des pays membres de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) prévues en septembre. Leur objectif est de défendre un système né dans le sud de l'Europe. Et, si possible, de l'étendre au monde entier, malgré l'hostilité des Etats-Unis, de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande, du Canada, du Brésil, du Chili et de l'Argentine, qui ne jurent que par la protection des marques. Les AOC - ou les appellations d'origine protégée au niveau européen - constituent, selon ces pays, une entrave au commerce.

Les Assises de l'origine, organisées à Bordeaux, mercredi 28 mai, dans le cadre du Salon de l'agriculture d'Aquitaine, doivent fournir une tribune aux partisans des AOC. Celles-ci sont l'expression d'&quot;un lien intime entre une production et un terroir&quot;, qui implique des disciplines particulières que les producteurs se sont imposées à eux-mêmes. L'IGP (indication géographique protégée), plus récente, couvre des zones géographiques plus vastes.

Sans être un passeport automatique pour la réussite, l'obtention d'une AOC ou d'une IGP signifie, pour les agriculteurs concernés, des prix plus élevés et une meilleure protection vis-à-vis des aléas du marché. Des groupes de producteurs, toujours plus nombreux, sont ainsi candidats dans tous les pays d'Europe, bien que l'instruction des dossiers dure plusieurs années.

En France, 150 000 exploitants, dont 80 000 viticulteurs, produisent selon ces règles. Poulet jaune des Landes, pruneau d'Agen, piment d'Espelette, agneau de Pauillac, tomme des Pyrénées, sans oublier une centaine d'AOC viticoles : au total, 60 % de la production agricole, en Aquitaine, est concernée, ce qui place cette région au premier rang européen. A Bordeaux, pour la première fois, plusieurs délégations européennes seront présentes. Elles tâcheront d'oublier les sujets qui fâchent, notamment celui de la feta, terme récemment réservé à la Grèce, afin de mieux faire front, pour se protéger tout à la fois contre le champagne américain, le chablis canadien, le cognac ukrainien, le roquefort sud-américain ou néo-zélandais. Même les lentilles du Puy sont copiées, selon l'Institut national des appellations d'origine (INAO), qui veille au travers d'un réseau de 50 avocats.

L'institut mène actuellement des actions contentieuses dans 75 pays, mais ce n'est pas simple. Depuis les accords de Marrakech, en 1994, la protection réciproque des appellations dans tous les pays membres de l'OMC est reconnue, mais il revient à chaque Etat, ou à l'Union européenne, de prouver l'éventuelle contrefaçon et de négocier, de façon bilatérale, un arrangement à l'amiable.

Les défenseurs des AOC, soutenus par l'Union européenne, voudraient &quot;renverser la charge de la preuve&quot;, en créant un registre mondial des appellations protégées, qui serait opposable dans tous les pays. Le principe de ce registre a été accepté en 2001, aux dernières négociations de l'OMC, à Doha, au Qatar. Mais reste à savoir ce qu'il contiendra et qui il concernera : les seuls vins et spiritueux, comme cela est prévu, ou tous les produits agroalimentaires ? Les produits les plus renommés ou la totalité des appellations ? &quot;Le système peut être vidé de signification si chacun vient y coller son nom sans aucune obligation. Les pays opposés peuvent aussi décourager les autres d'y aller, voire tenter le blocage&quot;, explique Philippe Mauguin, directeur de l'INAO.

A l'interprofession laitière, Anne Richard plaide pour un système exhaustif. &quot;Dès qu'un produit devient économiquement intéressant, il est copié. Il faut protéger les noms avant qu'ils ne s'évadent&quot;, affirme- t-elle. Pour éviter de voir se reproduire l'histoire du camembert ou de la mozzarella, tellement copiés qu'il était devenu impossible de les rapatrier dans leur région d'origine, les appellations protégées se sont donc faites plus précises : &quot;camembert de Normandie&quot; ou &quot; mozzarella di bufala&quot;.

Les AOC veulent aussi convaincre, afin de se faire des alliés dans le tiers-monde. &quot;Ces outils ne sont pas protectionnistes. Ils sont basés sur la concurrence, mais ils permettent à des petits producteurs de bénéficier de la même protection que des multinationales, et de développer les ressources alimentaires de chaque pays&quot;, argumente Michel Prugue, président de l'INAO. En revanche, explique Mme Richard, &quot;protéger une marque est un investissement titanesque, qui n'est pas accessible à des groupes de paysans&quot;.

Un jour prochain, des pays africains protégeront-ils leur café ou leur cacao, des pays d'Asie leur riz ou leur thé ? La Chine a commencé. L'Inde, le Vietnam, l'Indonésie suivent le même chemin. Le Brésil, le Chili, le Mexique, le Maroc se montrent intéressés.

Les représentants des vins de Bordeaux et de Champagne soulignent que même les Américains s'interrogent sur les moyens de protéger l'origine de certains vins. Le 11 juin, une délégation de pays membres de l'association Origin (Organisation for International Geographical Indication Network) se rendra à Genève, afin de rencontrer les représentants des pays membres de l'OMC. &quot;Nous sommes persuadés qu'il s'agit d'une bonne idée au niveau mondial et nous nous battrons pour cela&quot;, affirme Mme Richard.

Mais les professionnels, habitués aux rebondissements des négociations internationales, ne se hasardent pas pour autant au jeu des pronostics.

Gaëlle Dupont

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 29.05.03  

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						<title>DIEU</title> 

						<link>http://societe2.monblogue.com/2003/05/29#18020</link> 

						<description> 
 UE : et Dieu dans la Constitution ?
L'«héritage religieux» de l'Europe y est mentionné.
  
     
 Par Jean QUATREMER

jeudi 29 mai 2003


 
 

 

Bruxelles (UE) de notre correspondant


Dieu va-t-il y retrouver les siens ? Si son nom n'y est pas mentionné en toutes lettres, le préambule de la future Constitution européenne, dévoilé hier, rend au moins hommage à l'«héritage religieux» de l'Europe. Une victoire pour les Eglises, en particulier catholique et orthodoxe, qui réclamaient une telle mention. Elles n'avaient pu l'obtenir dans la Charte des droits fondamentaux, adoptée en décembre 2000. Reste à savoir si l'assemblée plénière de la Convention européenne, l'enceinte chargée de rédiger la loi fondamentale de l'Union élargie, acceptera d'entériner la manoeuvre.

Portée juridique. Valéry Giscard d'Estaing, le président de la Convention, soucieux de ne pas heurter les tenants de la laïcité, s'est opposé à ce que la religion figure dans le corps même du texte afin de ne pas lui donner une portée juridique trop grande : par exemple, la référence aux «valeurs religieuses» ne risquerait-elle pas, un jour, de justifier un recours juridictionnel pour obtenir l'interdiction de l'avortement en Europe ? D'où le souci de noyer la référence religieuse dans le second paragraphe du préambule : les constituants s'y affirment «inspirés» par «les héritages culturels, religieux et humanistes de l'Europe qui, nourris d'abord par les civilisations hellénique et romaine, marqués par l'élan spirituel qui l'a parcourue et est toujours présent dans son patrimoine, puis par les courants philosophiques des lumières, ont ancré dans la vie de la société sa perception du rôle central de la personne humaine et de ses droits inviolables et inaliénables, ainsi que du respect du droit». Ouf... Un «minestrone», selon l'expression d'une journaliste italienne, mais qui a le mérite, sans nier le fait religieux, de l'inscrire dans une perspective historique que Giscard espère acceptable par tous. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le préambule s'ouvre sur une très belle citation de Thucydide : «Notre Constitution est appelée démocratie parce que le pouvoir est entre les mains non d'une minorité mais du peuple tout entier.»

Consolation. Ce préambule réintroduit aussi l'idée que le projet européen vise à créer une union «sans cesse plus étroite». «Les peuples de l'Europe, affirme le quatrième paragraphe, tout en restant fiers de leur identité et de leur histoire nationale, sont résolus à dépasser leurs anciennes divisions, et, unis d'une manière sans cesse plus étroite, à forger leur destin commun.» VGE espère ainsi consoler ceux qui regrettent la disparition du mot «fédéral» (Libération du 27 mai). 

Les 105 conventionnels ont désormais entre les mains un projet de Constitution complet. Vont-ils être capables de dépasser la défense de leurs intérêts nationaux, ce dont n'ont pas été capables leurs gouvernements lors de la négociation du traité de Nice, en décembre 2000 ? Réponse d'ici le 20 juin prochain, date de la remise de la copie aux chefs d'Etat et de gouvernement.


 
 
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						<title>ADOPTION</title> 

						<link>http://societe2.monblogue.com/2003/05/29#18008</link> 

						<description> 
 Adoption internationale
 Des médecins pour les enfants du bout du monde

Petites Chinoises rachitiques, bébés ukrainiens intoxiqués au plomb, nourrissons roumains anémiques... Les enfants venus de l'étranger - bien souvent d'orphelinats - souffrent parfois de maux inconnus ou oubliés des pédiatres occidentaux. Aux Etats-Unis, les adoption doctors se penchent sur leur cas.

Stéphanie Chayet, à New York 

Pour le docteur Patrick Mason, le déclic fut une enfant aux longs cheveux noirs, Juliana Hannon. Arrachée aux mouroirs de Ceausescu à 3 ans, la petite fille ne parlait toujours pas lorsqu'il la reçut en consultation, cinq ans après son arrivée aux Etats-Unis. « Juliana avait passé les trois premières années de sa vie ligotée sur un lit d'orphelinat, se souvient-il. Sa mère adoptive avait consacré toute son énergie à tenter de la &quot;réparer&quot;. C'est elle qui m'a convaincu que la communauté médicale pouvait faire plus pour changer le destin de ces enfants traumatisés. » Michael Traister, pédiatre à Manhattan, fut initié par hasard : « Quand la Chine s'est ouverte, en 1992, des dizaines de familles new-yorkaises sont allées y adopter des filles. Certains parents étaient déjà mes patients. Ils m'ont envoyé tous les autres. C'est ainsi que je suis devenu le &quot;médecin des petites Chinoises&quot;. »

Patrick Mason et Michael Traister font partie d'un nouveau type de médecins - pédiatres ou pédopsychiatres de formation, ethnologues par vocation - qui se penchent exclusivement sur les maux des enfants adoptés à l'étranger. « Ce courant est né au début des années 90 dans les décombres du communisme, commente le psychiatre Ronald Federici, un autre pionnier de cette discipline, directeur d'une clinique spécialisée à Washington. Après la chute du Mur, les Américains se sont rués dans les orphelinats d'Europe de l'Est pour adopter des bébés aux yeux bleus, encouragés par des agences qui leur promettaient qu'avec du temps et beaucoup d'amour tout allait s'arranger. Au retour, ils se sont retrouvés dans une solitude et un désarroi absolus. » Sensibles à leurs difficultés, quelques pédiatres commencèrent à s'intéresser aux pathologies de ces enfants du bout du monde. Aujourd'hui, ils sont des dizaines. Selon le journal Paediatric Annals, près de 90 cliniques et médecins libéraux américains se réclament de cette spécialité émergente, reconnue par l'Académie nationale de pédiatrie en 2000 : la médecine des adoptions. 

Petites Chinoises rachitiques, bébés ukrainiens intoxiqués au plomb, nourrissons roumains anémiques, tuberculeux et déprimés : les enfants venus de l'étranger souffrent de maux que les pédiatres occidentaux n'ont pas eu à traiter depuis des décennies. Peter Chernick, un avocat californien, se rappelle la perplexité de plusieurs médecins hospitaliers devant les fractures de sa fille Lilly, « fragile comme une porcelaine », adoptée à 18 mois dans la province chinoise du Hunan. « Ils avaient diagnostiqué une forme d'ostéoporose. En réalité, il s'agissait de rachitisme aigu, mais ils n'avaient jamais vu un cas de leur vie ! » Privées de soleil, les fillettes chinoises sont nombreuses à souffrir de cette maladie des os et des muscles due à une carence en vitamine D. « Quand ils voient ces bébés dans leur layette flambant neuve, les pédiatres ne pensent pas aux parasites intestinaux, aux maladies infectieuses, surtout si le bilan de santé fourni par l'agence d'adoption est impeccable, explique le docteur Traister. Or nous savons par expérience qu'en matière de dépistage du VIH et de l'hépatite B le mensonge est la règle. La sérologie est négative sur le papier, même si les enfants sont contaminés. Les carnets de vaccination ne sont pas plus fiables. »

Une connaissance des habitudes culturelles en vigueur dans les pays d'origine permet aussi de mieux appréhender le vague à l'âme de ces enfants abandonnés. Molly Fisher vécut dans l'angoisse les semaines qui suivirent l'arrivée de sa fille, Charlotte Shin-li. « Elle passait ses journées à regarder ses doigts. Je me faisais un sang d'encre. Un pédiatre a fini par m'expliquer que ce comportement est fréquent chez les petites Chinoises, emmaillotées comme des momies dans leurs orphelinats. Leurs doigts, ce sont leurs jouets ! » A l'inverse, un praticien avisé peut repérer des troubles graves que d'autres médecins ne prendraient pas forcément au sérieux. « Les parents s'entendent souvent dire que les problèmes comportementaux tels que la violence ou l'automutilation disparaîtront à force d'affection et de patience, observe le docteur Federici. Or il est crucial de ne pas trop stimuler ou gâter les enfants qui n'ont connu que la vie en orphelinat. Quant à la patience, elle joue contre l'enfant. L'intervention doit être immédiate. »

Une grenouille géante affalée sur un fauteuil à bascule, un modèle réduit d'avion prêt à décoller : la salle d'attente de Jane Aronson ressemble à toutes les antichambres de pédiatres. Une différence, pourtant, saute aux yeux. Elle est remplie d'adultes sans enfants. Comme tous les adoption doctors, Jane Aronson est souvent consultée pendant la phase de préadoption. « Les futurs parents m'apportent le dossier médical de l'enfant qu'on leur propose, dit-elle, et je les aide à interpréter ces informations. » Quand une vidéo est disponible, elle observe les mouvements du regard et guette les stigmates - paupières étroites, petite mâchoire - du syndrome d'alcoolisme foetal, une affection huit fois plus fréquente dans l'ex-URSS que dans le reste du monde. Elle décrypte les bilans de santé fournis par les pays d'origine : « La terminologie, la qualité des renseignements peuvent varier selon les pays. Les Coréens consignent le moindre détail, jusqu'aux doses de sirop pour la toux données au bébé. Au Guatemala, les médecins disent que l'enfant a été vu et qu'il ne lui manque aucun organe. »

Les bilans chinois sont les plus difficiles à interpréter. Le poids des bébés n'est jamais fiable - ils sont déposés tout habillés sur la balance. Leur date de naissance est souvent inventée. « L'affabulation atteint des sommets dans les passages consacrés à la motricité, dénonce Michael Traister. Regardez ce bilan. Le médecin prétend que l'enfant se tenait assis à 5 mois. Impossible ! Il marchait à 10 mois ? Surréaliste ! » 

Jane Aronson évalue le risque présenté par chaque dossier d'adoption selon une échelle graduée de « moyen » à « extrême ». Non pour « mettre des étiquettes sur les enfants », avance-t-elle, mais parce que cette connaissance est un outil précieux pour les parents : « En cas de maladie sérieuse ou de gros retard psychomoteur, ils peuvent se préparer, déménager près d'un centre spécialisé, mettre toutes les chances de leur côté. » Après l'évaluation du dossier, certains couples choisissent de ne pas adopter. La pédiatre s'efforce de ne pas influencer leur décision. « Pour moi, il ne s'agit pas de choisir, mais d'éclairer. » Aux parents qui la consultent avec ce qu'elle appelle « une mentalité Bloomingdale's » (célèbre magasin new-yorkais), Jane Aronson explique qu'il n'y a pas d'enfant parfait. « Je leur dis que ce n'est pas du shopping, insiste-t-elle. Un enfant, c'est un enfant. » 

Les chiffres de l'adoption internationale 
En France

- En 2001, la Mission de l'adoption internationale a délivré 3 094 visas pour adoption

La tendance est à la baisse : 3 528 visas en 1999, 3 777 en 1998. 

- Les principaux pays d'origine sont la Colombie (392), Haïti (275), l'Ethiopie (234), 

la Roumanie (223), Madagascar (216), la Bulgarie (190), le Guatemala (187), la Russie (146), l'Ukraine (130) et la Chine (130)

Aux Etats-Unis

- 19 137 visas pour adoption ont été délivrés en 2001. 

La tendance est à la hausse : 18 441 visas en 2000, 16 369 en 1999

- Les principaux pays sources sont la Chine (4 681), la Russie (4 279), la Corée du Sud (1 770), le Guatemala (1 609), l'Ukraine (1 246), la Roumanie (782) et le Vietnam (737)

 
 




© le point 30/05/03 - N°1602 - Page 62 - 1263 mots 
 
  
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						<title>EASY</title> 

						<link>http://societe2.monblogue.com/2003/05/29#18006</link> 

						<description> 
 Croisières
 EasyGroup se jette à l'eau

Lucien Lambert 

Après le ciel et le Net, EasyGroup se jette à la mer et va au cinéma. En lançant EasyCruise, le fondateur d'EasyJet, l'homme d'affaires d'origine chypriote Stelios Haji-Ioannou, veut révolutionner le marché de la croisière, longtemps synonyme de luxe et dominé par des géants américains comme Carnival et Royal Caribbean. Comment ? En réduisant les prix de moitié. Pour y parvenir, le personnel sera réduit et les tarifs n'incluront que les services de base. Par contre, une fois à bord, les passagers devront payer tous leurs extras : restauration, piscine, cinéma... Le coup d'envoi sera donné au printemps prochain. Un seul bateau à coque orange, pour commencer, au départ de sept ou huit ports situés en Espagne, en Italie et en France. « C'est une autre façon d'envisager les croisières, cela se rapproche plus d'un service de ferry amélioré », s'est enthousiasmé l'inventeur de la compagnie à bas prix à la couleur orange. Ce concept de « prix cassés », Stelios Haji-Ioannou a aussi décidé de l'appliquer aux salles de cinéma. Le premier EasyCinema (un complexe de 10 salles) qui a ouvert dans la banlieue de Londres fait déjà salle comble. Sans pub, sans pop-corn et sans ouvreuse. C'est la vie en orange



© le point 30/05/03 - N°1602 - Page 18 - 213 mots  
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					<item> 

						<title>RELIGIONS</title> 

						<link>http://societe2.monblogue.com/2003/05/29#18005</link> 

						<description> 
 Conversion
 Ces musulmans qui deviennent chrétiens

Un parcours qui s'apparente à un chemin de croix. Car la plupart des convertis souffrent du rejet de leur entourage.

Stéphanie Marteau 

«Quand ma mère a appris que je m'étais convertie au christianisme, elle a hurlé : &quot;J'aurais préféré que tu te prostitues !&quot; » Yamina a bientôt 40 ans, mais le souvenir fait trembler sa voix. « Jésus est un juif ! Je vais aller me jeter à la mer ! » pleurait sa mère. C'était en 1995. Yamina, professeur de français et mère de famille, venait de se faire baptiser. Un déshonneur pour sa famille, mais aussi une honte qui rejaillit sur toute la communauté, se désole la jeune femme. Pourtant, comme elle, chaque année une centaine de Français musulmans se font baptiser, confirmant une tendance apparue il y a une dizaine d'années. 

Très pratiquants 90 
« Ces cheminements personnels ne doivent pas servir d'oreiller à un discours partisan », martèle le père Jean-Marie Gaudeul, responsable du Secrétariat pour les relations avec l'islam à l'archevêché de Paris. Un parcours qui, pour ces hommes et ces femmes, s'apparente à un chemin de croix. Car, comme la plupart des convertis, Yamina souffre du rejet de son entourage. Larbi, son mari, baptisé en 2000, a l'impression que, « pour les musulmans, devenir chrétien est une perte de virilité » ; et pour une femme, c'est bien pire : « Une musulmane, en devenant chrétienne, devient une Occidentale, et donc une prostituée », s'énerve cet ingénieur d'une quarantaine d'années. Pour ne pas s'exposer aux représailles, certains convertis préserveraient les apparences au point de continuer à faire le ramadan. Larbi et Yamina n'ont jamais confié leur secret aux membres de leur famille qui vivent en France. Après trois ou quatre ans de catéchuménat, la plupart des nouveaux baptisés connaissent évangiles et épîtres par coeur et aiment y faire référence. « Tous les convertis éprouvent un immense besoin de partager leur croyance, ils ont perdu un certain nombre de complexes quant à l'annonce de la foi. Ils sont très pratiquants », confirme le jésuite Alexis Doucet, qui se réjouit de voir que, « dans les paroisses, ces convertis gênent et provoquent les catholiques de souche embourgeoisés »



© le point 30/05/03 - N°1602 - Page 64 - 365 mots 
 
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					<item> 

						<title>EUTHANASIE</title> 

						<link>http://societe2.monblogue.com/2003/05/29#17990</link> 

						<description> 
 Une Australienne obtient d'un tribunal le droit de mourir
SYDNEY, 29 mai (AFP) - Un tribunal australien a jugé jeudi que les médecins ont le droit de mettre un terme à l'alimentation artificielle d'une femme âgée inconsciente depuis trois ans et qui avait exprimé le désir de mourir lorsqu'elle était encore consciente.

Ce jugement a relancé la polémique entre les organisations de défense de la vie qui estiment que cette décision pourrait entraîner la mort des gens vulnérables alors qu'ils ne sont pas sur le point de mourir et les experts médicaux qui voient dans ce jugement une clarification.

Le tribunal suprême de l'Etat de Victoria s'était penché sur le cas de cette femme de 68 ans atteinte d'une forme rare de démence appelée la maladie de Pick et qui est maintenue en vie artificiellement grâce à un tube digestif.

Depuis trois ans cette femme est complètement inconsciente et se trouve dans un établissement de soins.

Le juge a estimé que l'alimentation artificielle constitue un procédé médical et non pas un soin palliatif et que dans ces conditions il peut être refusé.

Le jugement a été rendu sur requête du tuteur de la sexagénaire qui, en Australie, est un magistrat public.

Ce tuteur a refusé de dire le moment où l'alimentation artificielle de la femme cesserait, mais il a affirmé que la famille se félicitait de cette décision qui sera mise en oeuvre sous assistance médicale.
 
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						<title> LE LIVRE ELECTRONIQUE</title> 

						<link>http://societe2.monblogue.com/2003/05/29#17982</link> 

						<description> 
 Le livre électronique, seulement pour internaute à la page  
Par Elinor Mills Abreu 

SAN FRANCISCO (Reuters) - Même s'il est apprécié par des passionnés d'innovations, le livre électronique - ou e-book - présenté comme étant l'alternative au livre imprimé, est loin de l'avoir détrôné.


&quot;Les vendeurs (de livres électroniques) vous diront que le marché de masse n'est pas loin&quot;, explique Rich Levin, rédacteur en chef de BookTech, un magazine sur le marché de l'édition.


&quot;Mais quand je discute avec des lecteurs et des éditeurs, ils me disent que la technologie n'est pas encore prête pour un grand marché&quot;, dit-il.


Les éditeurs hésitent à diffuser des livres sur internet tant qu'il n'existe pas de méthode éprouvée pour empêcher la copie, estime Levin. ce qui explique que seule une sélection limitée des titres &quot;papier&quot; soit en ligne.


De plus, les normes techniques concurrentes limitent les types de fichiers numériques que les lecteurs peuvent utiliser sur un appareil, ajoute Levin qui estime que le papier va rester le support dominant des principaux titres dans un avenir proche.


Moins de 5% des utilisateurs d'ordinateurs déclarent avoir lu un livre électronique au cours de l'année, une progression par rapport aux 1% d'il y a cinq ans, explique Richard Doherty, directeur de recherche chez Envisioneering Group, société d'études de la consommation en matière de technologie.


&quot;Les livres électroniques ne décollent pas vraiment, mais c'est un mouvement de fond qui progresse&quot;, observe Doherty.


Le battage publicitaire autour du livre électronique avait atteint son paroxysme en 2000, quand le romancier à succès Stephen King, spécialiste de l'épouvante, avait publié en feuilleton un nouveau livre sur internet, demandant aux lecteurs de payer un dollar pour chaque nouveau chapitre.


King a abandonné le concept du livre électronique après avoir réalisé qu'il n'était payé que par moins de la moitié des internautes qui téléchargeant les chapitres.


&quot;UN EXEMPLAIRE, DIX MILLIONS DE COPIES&quot;


&quot;Quand un exemplaire est mis en ligne, on se retrouve avec dix millions de copies&quot;, dit Doherty.


Des sociétés essayent de régler ce problème, avec par exemple de nouveaux types d'&quot;encre&quot; électronique temporaire qui disparaît ou devient illisible après quelques semaines ou quelques mois.


Overdrive.com a développé une technologie de protection du droit d'auteur et propose un service permettant aux bibliothèques de prêter des ouvrages en ligne et aux libraires de les commercialiser.


L'Open eBook Forum travaille sur des normes qui faciliteraient la publication de livres électroniques, explique Nicholas Bogaty, directeur de ce groupe.


Le principal obstacle de l'e-book reste au niveau des sensations... Difficile de se pelotonner dans son canapé avec un livre électronique.


Les yeux ne se fatiguent pas autant à lire un support papier qu'à fixer la lumière tremblotante d'un écran d'ordinateur, selon les experts. Il est aussi plus difficile de parcourir le contenu d'un livre électronique et d'y trouver un paragraphe précis.


&quot;Je peux lire en continu un manuscrit papier pendant 12 ou 14 heures sans avoir mal à la tête. Ce n'est pas vrai avec un livre électronique&quot;, affirme Robert Ferrell, du département américain de l'Intérieur, qui affirme lire environ un livre électronique par mois, directement sur un site internet ou sur des fichiers Adobe.


Il y a une &quot;grande sélection, ils sont gratuits et je n'ai pas à les conserver&quot;, dit Ferrell.


Cory Doctorow, co-rédacteur de Boingboing.net, où l'on commente les sites webs populaires, a mis en ligne sur son site web son dernier roman et l'a diffusé en cinq mois à plus de 110.000 exemplaires sur le réseau. Disponible à l'adresse http://www.craphound.com/down/download.php, cet ouvrage de science fiction intitulé &quot;Down and Out in the Magic Kingdom&quot; a bénéficié de sa promotion sur le web, suscitant des articles dans la presse et l'intérêt de l'éditeur Tor Books. Ce dernier s'attend à écouler d'ici l'automne les 8.500 premiers exemplaires traditionnels, sur papier, de l'ouvrage.


A titre de comparaison, on parle de best-seller aux Etats-Unis à partir de 100.000 exemplaires. 
 
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						<title>INTERNET</title> 

						<link>http://societe2.monblogue.com/2003/05/29#17978</link> 

						<description> 
 mercredi 28 mai 2003, 20h44  
  
 
 
 
 
Le premier service commercial de &quot;web log&quot; lancé en Europe 

LONDRES (Reuters) - Trois vétérans de l'internet ont lancé mercredi ce qu'ils présentent comme le premier site professionnel dédiés aux journalistes en herbe et adeptes de journaux intimes en ligne, surnommés bloggers, une contraction de &quot;web loggers&quot; (&quot;rapporteurs web&quot;).


Stefan Glanzer, Stefan Wiskemann et Christoph Linkwitz, fondateurs du site d'enchères allemand Ricardo.de qu'ils ont vendu en 2001, ont investi une partie des 100 millions de livres sterling tirées de cette vente pour lancer &quot;20Six&quot;, un service commercial de &quot;blog&quot;.


Il a été inauguré en Grande-Bretagne (www.20six.co.uk), en Allemagne (www.20six.de), en France (www.20six.fr) et aux Pays-Bas (www.20six.nl).


Les &quot;blogs&quot;, qu'ils sortent de la plume de journalistes professionnels ou de simples internautes, sont devenus populaires comme sources d'informations alternative pendant la guerre en Irak.


Selon le centre d'étude américain Pew Research Center, 4% des internautes américains se sont rendus sur un web blog pendant la guerre en Irak.


20six proposera cette année un service payant aux utilisateurs en quête d'espace pour leur journal ou d'un hébergeur.


Consciente de la vogue des technologies mobiles en Europe, 20Six recherche de partenaires dans la téléphonie sans fil pour permettre aux possesseurs de téléphones portables d'envoyer des messages multimédias (MMS) directement à un site qui leur permettrait de tenir à jour leur &quot;blog&quot; quand ils ne sont pas devant leur ordinateur.


Blogger, créé par Pyra Labs et racheté fin 2002 par Google, fut le premier logiciel de publication et de mise en page de sites destinés aux journaux en ligne.


Blogger, Movable Type et Userland, gratuits ou très peu chers, ont contribué à l'essor de ce type d'activité. Jusqu'à présent les seules tentatives de développer une activité commerciale autour des blogs ont été conduites aux Etats-Unis.


20Six n'a donné aucun détail financier. /PM 
 
 
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						<title>TABAC</title> 

						<link>http://societe2.monblogue.com/2003/05/28#17828</link> 

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 Première en France: une caisse de sécu demande 18,66 M EUR aux cigarettiers
SAINT-NAZAIRE (Loire-Atlantique), 28 mai (AFP) - Pour la première fois en France, une caisse primaire d'assurance maladie (CPAM), celle de Saint-Nazaire, va demander lundi à la justice de condamner les fabricants de cigarettes à payer près de 18,66 millions d'euros pour avoir porté préjudice à la santé de ses assurés.

Le procès intenté au tribunal de grande instance contre Altadis (ex-Seita), Philip Morris, JTI-Reynolds et BAT-Rothmans marque une première défaite des cigarettiers, qui contestaient depuis 1999 le droit de la caisse à agir contre eux.

La CPAM a été confrontée à &quot;un mur d'argent procédural&quot; : elle a dépensé plus de 80.000 euros depuis 1999 pour faire enfin valoir qu'elle &quot;représente les intérêts des consommateurs&quot;, en particulier les jeunes et les populations précaires, selon son président Guy Couillaud.

La caisse a évalué à 18.658.908 euros le préjudice subi depuis le 1er avril 1997 par 1.435 personnes souffrant de cancers broncho-pulmonaires, de cancers du larynx et de la glotte, d'artériopathies des membres inférieurs voire, bien souvent, de la combinaison de plusieurs de ces affections.

Elle réclame en outre que les prévenus lui versent ensemble plus de 3,6 M d'euros par an &quot;tant que leurs cigarettes n'offriront pas au public la sécurité à laquelle il peut légitimement prétendre&quot;.

Le montant des amendes éventuelles devrait servir à renforcer les nombreuses actions de prévention anti-tabac de la caisse, a indiqué M. Couillaud.

&quot;Il s'agit de faire payer, pour les dommages qu'elle cause, une industrie délinquante, déjà condamnée 80 fois en France pour détournement de la loi Evin&quot;, a annoncé à l'AFP Me Francis Caballero, l'avocat de la CPAM.

&quot;Jusqu'à présent, le coût était réparti entre les consommateurs, la Sécu et l'Etat&quot;, a poursuivi l'avocat, qui représente également le Comité national contre le tabagisme (CNCT) depuis 15 ans.

Selon Me Caballero, le procès ne vise pas à interdire le tabac, mais à combattre la dépendance: &quot;l'enjeu, c'est le paquet de cigarettes de l'avenir, qui procurera au fumeur la connaissance et l'aide nécessaires pour s'arrêter de fumer à temps&quot;.

La CPAM demande que les cigarettiers proposent gratuitement aux consommateurs des structures de dépistage des maladies liées à la fumée, et qu'ils prennent en charge le coût des tentatives de sevrage. Ces mesures ne coûteraient, affirme la caisse, qu'une &quot;goutte d'eau dans un océan de profits.&quot;

Face à la CPAM de Saint-Nazaire, les fabricants devraient à nouveau contester le lien de causalité entre la vente de cigarettes, le tabagisme et ses conséquences. Elles mettront en avant la liberté du consommateur adulte, suivant une rhétorique éprouvée.

Hasard du calendrier, le procès de Saint-Nazaire va suivre de quelques jours l'annonce de nouvelles mesures anti-tabac par le ministre de la Santé Jean-François Mattei, dont une forte hausse du prix des cigarettes.

Aux Etats-Unis en revanche, où les procès anti-tabac sont légion, les grands industriels ont remporté une victoire judiciaire importante le 21 mai, en obtenant l'annulation en appel d'une amende de 145 milliards de dollars dans le cadre d'une plainte en nom collectif instruite en Floride. Philip Morris et Reynolds, également mis en cause à Saint-Nazaire, faisaient partie des cinq accusés.

Le tabagisme est responsable de près de 60.000 décès par an en France, dont un nombre croissant de femmes.


 

 
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						<title>INTERNET</title> 

						<link>http://societe2.monblogue.com/2003/05/28#17825</link> 

						<description> 
 EarthLink intègre nouvelle fonction pour bloquer courriels indésirables
WASHINGTON, 28 mai (AFP) - Earthlink, un des principaux fournisseurs d'accès à l'internet aux Etats-Unis, a intégré dans son service une nouvelle fonction pour empêcher les courriels indésirables (&quot;spams&quot;) d'atterrir dans les boîtes aux lettres électroniques de ses abonnés, a annoncé mercredi la société.

Le 'spamBlocker', offert gratuitement aux abonnés de Earthlink, va &quot;éliminer virtuellement 100% de tous les spams&quot;, affirme le fournisseur d'accès dans son communiqué.

Cette technologie est intégrée dans le logiciel TotalAccess version 2003 d'EarthLink et peut également être téléchargée sur l'internet.

&quot;Avec le lancement de spamBlocker, les abonnés de EarthLink peuvent reprendre le contrôle de leur boîte aux lettres électronique et recommencer à apprécier le temps passé en ligne&quot;, a déclaré Rob Kaiser, responsable marketing de EarthLink.

Quand un courrier électronique est envoyé à un abonné utilisant le spamBlocker, le système renvoit automatiquement à l'expéditeur une courte fiche à remplir avec un mélange de lettres et de chiffres pour s'assurer qu'une personne est à l'origine du courrier électronique et non un système informatisé.

Si l'expéditeur du courriel ne remplit pas la fiche, le courrier est automatiquement mis dans un dossier de courriers électroniques suspects, à charge pour l'utilisateur de faire le tri. La vérification de l'identité de l'envoyeur ne se fait qu'une seule fois.

Comme ses rivaux Microsoft, Yahoo et America Online, EarthLink a investi des millions de dollars pour développer des logiciels pour bloquer les &quot;spams&quot;, sans grand succès jusqu'à présent. Ces courriels non sollicités représentent 40% du courrier électronique.

Mais le lancement du spamBlocker est obscurci par les accusations de violation de brevets émises par la petite société MailBlocks contre EarthLink.

MailBlocks, spécialisée dans les services de courrier électronique basés sur le web, estime que le logiciel de EarthLink viole deux de ses brevets pour sa technologie contre les &quot;spams&quot;.

Par ailleurs, le fournisseur d'accès a annoncé sa participation à l'alliance créée en avril par AOL, Microsoft et Yahoo pour combattre les &quot;spams&quot;.



EARTHLINK

MICROSOFT

YAHOO!

AOL TIME WARNER
 
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						<title>PLAINTES</title> 

						<link>http://societe2.monblogue.com/2003/05/28#17821</link> 

						<description> 
 Faut-il juger l’armée américaine ?

&quot;The Guardian&quot;, Londres

Une plainte pour crimes contre l’humanité a été déposée contre Tommy Francks le 14 mai devant la justice belge. Pour le &quot;Guardian&quot;, c’est l’occasion de relever les méfaits des armées alliées.

Figurez-vous qu’il se passe des choses intéressantes en Belgique. Mercredi 14 mai, un avocat spécialiste des droits de l’homme et plusieurs procureurs fédéraux ont porté plainte contre le commandant des forces américaines en Irak, Thomas Franks, pour crimes contre l’humanité. Il n’existe en effet aucun autre recours légal auprès de la justice belge pour obliger le gouvernement américain à rendre compte de ses agissements. Dans ce pays, la loi dite de “compétence universelle” permet de juger des étrangers pour crimes de guerre, quel que soit l’endroit où ces crimes ont été commis.


La plainte a été déposée au nom de 17 Irakiens et 2 Jordaniens. Mais elle a peu de chances d’aboutir, le gouvernement belge s’étant empressé début mai d’amender cette loi. Le 20 mai, la Belgique a d’ailleurs décidé de renvoyer la plainte aux autorités américaines, coupant court de facto à toute procédure.


Pour en revenir au général Franks, il fait l’objet de quatre types d’accusations : usage de bombes à fragmentation, attaques perpétrées contre des civils, destruction d’infrastructures vitales pour la santé publique et non-intervention lors des pillages d’hôpitaux. De nombreuses preuves viennent étayer ces accusations. D’abord, Les forces américaines ont largué par avion environ 1 500 bombes à fragmentation, et l’artillerie en a tiré un nombre inconnu. Les troupes britanniques en ont, pour leur part, tiré 2 100. Pour mémoire, chacune de ces bombes libère plusieurs centaines de minibombes qui à leur tour explosent en projetant des éclats d’obus. Durant la guerre, ces armes ont tué entre 200 et 400 civils irakiens et celles qui n’ont pas explosé continuent de tuer, notamment des enfants. Or les effets de l’utilisation de ces armes dans les zones résidentielles étaient prévisibles et même prévus ; leur usage constitue donc une violation du protocole additionnel II des conventions de Genève, qui interdit de porter atteinte “à la vie, à la santé et au bien-être physique ou mental” des non-combattants. De plus, et à plusieurs reprises, les troupes américaines ont ouvert le feu sur des civils non armés. A Nasiriyah, ils ont tiré sur tous les véhicules qui s’approchaient de leurs avant-postes, tuant 12 civils en une seule nuit. Ils ont également tué 15 civils en deux jours sur un pont situé aux abords de Bagdad. Le mois dernier les soldats américains ont ouvert le feu pour disperser des manifestations pacifiques à Mossoul, où ils ont fait 7 morts, et à Falloujah, où 13 personnes ont été tuées et 75 autres blessées. Tous ces actes constituent des violations caractérisées de la quatrième convention de Genève.


Autre fait accablant : en bombardant les lignes électriques alimentant des centres de traitement de l’eau, les forces armées ont délibérément détruit des infrastructures civiles, menaçant d’entraîner des épidémies de choléra et de dysenterie. Or le protocole II interdit aux troupes d’attaquer “les biens indispensables à la survie de la population civile, [comme] les installations et réserves d’eau potable.”


La quatrième convention stipule également que les forces occupantes ont le devoir “d’assurer et de maintenir [...] les services médiaux et hospitaliers, la santé publique et l’hygiène sur toute l’étendue des territoires occupés”. Mais lorsqu’on a demandé à Ronald Rumsfeld pourquoi ses troupes n’étaient pas intervenues lors des pillages des bâtiments publics, il s’est contenté de répondre : “Ce sont des choses qui arrivent. Une fois libres, certains choisissent de faire des erreurs ou de commettre des crimes.” A ce jour, de nombreux hôpitaux sont fermés ou manquent cruellement de matériel. A plusieurs reprises, les soldats américains ont tiré sur des ambulances irakiennes, tuant ou blessant leurs occupants. Ils ont aussi fait feu sur les équipes médicales qui venaient récupérer les morts et les blessés lors de la répression des manifestations de Falloujah. D’après les conventions de Genève, cela constitue, purement et simplement, des crimes de guerre. “Les unités et moyens de transport sanitaires seront en tout temps respectés et protégés et ne feront pas l’objet d’attaques.”


En d’autres termes, les forces américaines ont pris des raccourcis avec la morale pour arriver à leurs fins. Certains leur ont permis d’achever cette guerre plus rapidement - aux dépens de la population civile. Mais à maintes reprises, et parfois systématiquement, les soldats américains ont enfreint les lois qui régissent la guerre.



George Monbiot


 
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						<title>LA LUTTE DES SEXES</title> 

						<link>http://societe2.monblogue.com/2003/05/28#17819</link> 

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 ETATS-UNIS

La lutte des sexes
sur les terrains de sport

Pour la première fois depuis cinquante-huit ans, une femme a obtenu de participer au tournoi très coté de golf masculin de Fort Worth au Texas. Elle est un exemple parmi d’autres de l’entrée des femmes dans un monde où la mixité n’existe pas.

“Annika Sorenstam est une Tiger Woods au féminin”, titre le “Christian Science Monitor”, qui explique ainsi l’intérêt porté à l’une des plus grandes championnes de golf de tous les temps. “Annika Sorenstam veut contredire les experts qui pensent que les femmes sont physiologiquement incapables de rivaliser avec les hommes”, ajoute le “New York Times”. Aux Etats-Unis, le débat sur la participation des femmes à des compétitions masculines est ouvert. “Il y eut une époque où l’on considérait que, pour des raisons physiques, les Noirs américains ne pouvaient pas concourir avec des Blancs, le problème se pose aujourd’hui de la même façon pour les femmes”, explique le “Los Angeles Times”.


“Il y a quelques mois, des Canadiennes ont joué pour la première fois dans un tournoi de hockey sur glace en Finlande”, précise le “Los Angeles Times”. “En décembre 2002, Katie Hnida a été la première femme à faire partie d’une équipe de football américain, au Nouveau Mexique. Quant à Ila Borders, elle a été la première à rejoindre une équipe de base-ball professionnelle”, ajoute, entre autres exemples, le “Christian Science Monitor”.

Les sportives de haut niveau qui demandent à participer à des compétitions masculines ne sont pas des féministes qui se battent pour l’égalité des sexes, loin de là. Toutes expliquent que leur principale motivation est de progresser et de trouver de nouveaux challenges. “J’aime avant tout la course automobile, que j’ai découverte quand j’avais cinq ans, et je n’ai pas le choix ; je cours contre les hommes puisque les femmes sont absentes des circuits”, explique la championne Sarah Fisher, seule femme à participer à la course mythique des 500 miles d’Indianapolis.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Si les femmes applaudissent et saluent le courage de celles qui veulent s’imposer, les hommes sont plus nuancés et la plupart sont attentistes. Certains sportifs cependant ont déjà annoncé leur retrait des compétitions si des femmes y participaient. Les médias quand à eux sont les grands gagnants. En effet, l’intérêt pour le sport dans son ensemble est relancé et les journalistes accourent. Ils étaient 600 la semaine dernière à venir voir Annika Sorenstam jouer et perdre.



Anne Collet,
© Courrier international

 
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						<title>LA TELEVISION</title> 

						<link>http://societe2.monblogue.com/2003/05/28#17818</link> 

						<description> 
 DÉCRYPTAGE
La télévision, arme de guerre

Le Canadien Marshall McLuhan fut le prophète mondial des médias dans les années 60. Et son oeuvre est toujours d’actualité pour comprendre et interpréter le rôle de la télévision dans la deuxième guerre d’Irak.



Il a forgé le concept de «village global», constaté que «le média est le message» et distingué deux sortes de médias, les chauds et les froids. Avec ses deux oeuvres majeures — «La Galaxie Gutenberg» et «Pour comprendre les médias» — le chercheur canadien Marshall McLuhan, mort en 1980, a été «un prophète des années 60», affirme «The New York Times». Et ses «prédications» d’alors sont plus que jamais d’actualité, estime le quotidien. En particulier, elles se révèlent bien utiles pour jeter un nouveau regard sur la deuxième guerre d’Irak.

«Le coup de génie de McLuhan est d’avoir su ancrer sa théorie dans les sens humains et donc de concevoir les médias comme une extension du corps humain, le livre comme un prolongement des yeux, la radio comme continuation des oreilles...», estime «The New York Times». En ce sens, il concevait même une arme comme un média !

Le Canadien séparait les médias en deux genres : les chauds, comme le texte, qui donne des faits et laisse peu de place à l’interprétation ou à la participation. Les froids, qui font l’inverse. En outre, il croyait que chaque nouvelle technologie transformerait l’humanité et la traumatiserait. «Nous créons nos outils, et nos outils nous créent», affirmait-il. Par exemple, il écrivait en 1964 que «les villes constituent un bouclier collectif, une armure, une extension de notre peau».

La télévision, un média froid

Et dans le désert irakien, reprend le journal de la Grosse Pomme, «les chars qui roulaient étaient des extensions de nos jambes, les bidules pour voir la nuit des prolongements de nos yeux». Et les caméras embarquées ? Marshall McLuhan percevait la télévision comme un média froid, notamment parce que ses images de faible qualité laissaient selon lui beaucoup de place à l’interprétation. «Il n’a pas connu la haute définition», lui pardonne «The New York Times», et à y bien penser «les mauvaises images envoyées d’Irak correspondent bien à sa définition.»

«Alors, quand un média froid comme la télévision est attaché à une arme chaude comme un char, il exerce un invraisemblable pouvoir sur son auditoire», constate «The New York Times». «D’un seul coup, chaque spectateur est projeté dans la guerre : s’il y a une tempête de sable, celui qui regarde sa télévision ne peut voir mieux que les troupes ; si les combats sont faciles, le public peut croire que la guerre sera rapide et facile ; si la caméra est attachée à une ‘bombe intelligente’, le spectateur est la bombe !»

«Téléspectateur»

McLuhan avait parfaitement saisi l’importance de ce genre d’expérience «télévisuelle tactile». Il avait notamment observé un étrange effet lors d’une opération projetée en gros plan et en direct à des apprentis chirurgiens. «Les étudiants perdaient le sentiment de regarder pour celui d’opérer, écrivait-il. Ils avaient l’impression de tenir le scalpel.» De la même manière, relève «The New York Times», avec la guerre télévisée, «le téléspectateur devient membre de l’armée d’invasion». Même le service météo a participé à l’illusion : «Il donnait deux bulletins : soleil sur New York, tempête de sable à Bassorah.»

Mais alors que «le public devenait membre de l’armée, l’armée devenait membre de le public. Dans un avion transporteur de troupes, des soldats regardaient CNN pour savoir comment se déroulait le conflit.» Et le journal d’enfoncer le clou : «On ne sait plus qui est acteur, qui est spectateur. Et cette histoire de journaliste «embedded» (enrôlé, embarqué) a porté la confusion à son comble.»

Les caméras sont des armes 

Or, durant la deuxième guerre d’Irak, l’image a été primordiale. «Si Saddam Hussein pouvait se montrer à la télévision comme étant encore le chef, il était encore le chef. Si les Etats-Unis pouvaient montrer au monde qu’ils étaient en train de gagner la guerre, ils étaient en train de gagner la guerre.» Un spécialiste de McLuhan a fait remarquer que dans un univers rempli de satellites, la planète devenait une scène, et que l’expression «théâtre des opérations» était alors à prendre au sens propre.

«Voilà quarante ans, remarque «The New York Times», Marshall McLuhan notait que la guerre était de moins en moins ‘chaude’, s’éloignait des chars et des soldats pour rejoindre une version plus froide, plus ‘participative’ pour le public. C’est ainsi qu’il comprenait la notion de guerre froide, qu’il décrivait comme ‘une bataille électrique d’informations et d’images’.» Et le quotidien de conclure : «Les caméras sont des armes, et ce n’est pas par hasard que dans son ouvrage ‘Pour comprendre les médias’ McLuhan mettait le chapitre armement juste après celui consacré à la télévision. La bataille en Irak a été menée avec des armes froides montées sur des armes chaudes. C’est maintenant la guerre tiède dans le village global.»



Eric Glover
© Courrierinternational.com


 
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						<title>MONACO</title> 

						<link>http://societe2.monblogue.com/2003/05/28#17813</link> 

						<description> 
 L'Express du 29/05/2003 
 
Rainier, prince patron de Monaco 
par Roger-Louis Bianchini 
 
  
 
A 80 ans, le monarque monégasque règne toujours, par la grâce de Dieu. En un demi-siècle, veillant à tout, il a fait de son ingrat Rocher une «machine à sous». Une super-PME qu'il gouverne avec ruse et fermeté 
 
  © J.-P. Muller/AFP

Prince Rainier. 
 
  
Le prince Rainier fête ses 80 ans, le 31 mai. Et il n'est pas décidé à dételer. A ceux qui s'étonnent qu'il n'ait pas encore abdiqué en faveur de son fils, les initiés répondent: «Il suit la tradition qui veut que la succession chez les Grimaldi soit strictement liée à la disparition du souverain: ce que Dieu a fait, seul Dieu peut le défaire.» C'est bien l'unique domaine dans lequel le prince de Monaco laisse la main à Dieu. Car cet homme qui a complètement changé la vie et l'économie de ce qui n'était qu'un rocher pelé quand il a commencé à régner en 1949 est parvenu, deus ex machina, à hisser la principauté au rang des petits paradis. Monaco n'est plus seulement un mirage pour midinettes et affairistes, c'est devenu le refuge des stars du sport et du show-business, une bulle glamour, romanesque, prospère et pas toujours très claire, mais, surtout, une entreprise à succès, la réussite d'un homme ambitieux. «Quand on est reçu en audience privée, il faut faire attention à ses chaussures. Il convient qu'elles soient soignées. C'est la première chose que Monseigneur observe chez son visiteur. Un test, en quelque sorte», raconte un habitué du palais princier. L'anecdote n'est pas anodine. Elle montre que l'on peut être un élu de Dieu et s'attacher à la matérialité des choses. Les petites comme les grandes, mais on y reviendra.


Car, pour comprendre le comportement du prince Rainier, sa détermination dans la conduite de ce qu'il appelle lui-même «un grand petit Etat», on ne doit pas négliger ce qui guide toutes ses actions: la conviction intime et inaltérable qu'il est prince de droit divin. «Rainier III, par la grâce de Dieu, prince souverain de Monaco. Avons sanctionné et sanctionnons»: la formule n'a jamais été, pour lui, de pure rhétorique. Elle figure en tête des ordonnances souveraines signées de sa main sans lesquelles lois, nominations, naturalisations et autres décisions de quelque importance ne peuvent tout simplement pas exister.


Profondément croyant, le prince Rainier a tenu à ce que le catholicisme soit institué religion d'Etat dans la Constitution de 1962, la première qu'il a inspirée durant son règne. Et, s'il fallait apporter une preuve supplémentaire de cette croyance en une investiture divine, il suffirait de citer la devise des Grimaldi: Deo juvante - Avec l'aide de Dieu. C'est ainsi, d'ailleurs, qu'il a baptisé son bateau personnel. Le fait est qu'il a su, seul maître à bord, fort de la bénédiction du ciel et armé de l'inépuisable arsenal des ordonnances souveraines, éviter tous les écueils et résister aux «grains» qui ont secoué, récemment encore, le navire monégasque.

Albert prend le ballon 
par Roger-Louis Bianchini 

Premier fief pour le prince héritier: l'AS Monaco

Tandis qu'il déléguait au prince Albert toutes les missions extérieures, Rainier a continué de diriger, seul, les affaires intérieures et les relations franco-monégasques. Mais ce comportement autocratique s'est infléchi ces deux dernières années. La maladie, d'une part, l'a contraint à se ménager. Il a mis fin, par exemple, aux audiences hebdomadaires qu'il accordait à chacun des conseillers (ministres) avec lesquels il évoquait, en tête à tête, les sujets relevant de leurs compétences respectives. Et, d'autre part, il a commencé à associer le prince Albert, d'abord à l'étude des dossiers puis à la prise de décision. L'affaire de l'AS Monaco FC est, à ce titre, significative. Le club de football cher aux princes s'est retrouvé en début d'année avec des difficultés financières susceptibles de mettre en péril la présence de l'équipe en Ligue 1. Son président, le Dr Jean-Louis Campora, a présenté comme repreneur la société Fedcominvest dont l'un des sièges sociaux se trouve depuis avril 1996 à Monaco et qui, spécialisée dans l'industrie des engrais minéraux des pays de l'ex-URSS, ne brillerait pas par sa transparence. Ce qui ne l'a pas empêchée de s'afficher sur les maillots des joueurs de Monaco et sur les panneaux publicitaires du stade Louis-II. La couleur de l'argent, c'est en tout cas l'argument avancé, en coulisses, pour justifier le veto opposé à l'entrée de Fedcominvest et de son président Alexeï Fedorichev dans le capital du club. En la circonstance, Rainier aurait suivi l'avis d'Albert en désavouant celui qui était encore le président du Conseil national. Une décision comprise comme la manifestation de la présence du futur souverain au poste de pilotage: une grande première à Monaco.  
   
Rainier est habité par l'obsession de consolider la souveraineté de Monaco. Plus particulièrement envers la France - le «grand pays voisin et ami», selon la terminologie officielle, mais qui reste, en vérité, du point de vue du Rocher, un encombrant tuteur. Le 11 septembre 1944, alors qu'il n'est pas encore le souverain, il rend publique une lettre adressée au gouvernement français dans laquelle il réclame le départ du ministre d'Etat qui administre la principauté, trop zélé à l'égard de Vichy. «Cette politique nous a fait perdre le rang et le rôle que nous devions tenir et nous a privés de notre neutralité et de notre indépendance», écrit-il de son exil - une villa de Saint-Jean-Cap-Ferrat où il file, à 21 ans, le parfait amour avec Giselle Pascal. En rendant seul responsable de l'attitude collaborationniste de Monaco le représentant de l'Etat français, il épargne donc son grand-père, Louis II et, par là, l'honneur des Grimaldi. Puis il montre qu'il a résolument choisi son camp en s'engageant dans l'armée française, ce qui lui vaudra d'être décoré de la croix de guerre.


Ayant accédé au trône à la disparition de Louis II, en 1949, c'est face au général de Gaulle, treize ans plus tard, qu'il livre son premier combat de prince souverain: la mise en place de contrôles douaniers quelque peu folkloriques à la frontière franco-monégasque. L'affaire est plus sérieuse qu'il n'y paraît, car ce qui est en cause ce sont les conventions qui régissent les rapports entre les deux pays. La crise a été déclenchée par le refus de Rainier d'abroger une ordonnance souveraine qui aurait permis à l'Etat monégasque de prendre le contrôle de Radio Monte-Carlo en lieu et place de l'Etat français. Le ministre, Emile Pelletier, chargé d'obtenir cette abrogation, s'est fait éconduire sans ménagement: giflé peut-être, mis à la porte, certainement.


Quoi qu'il en soit, la crise est là. L'affrontement paraît perdu d'avance pour le Lilliput monégasque, mais la légende de David contre Goliath se vérifie parfois. Si les accords d'octobre 1963 ont fait des victimes, c'est parmi les Français installés à Monaco après 1957 et qui sont soumis, dès lors, à l'impôt sur le revenu. On retiendra que cette mesure visait, en réalité, les rapatriés d'Algérie: de Gaulle n'avait pas voulu que les riches partisans de l'Algérie française, qui le vouaient aux gémonies, puissent trouver un refuge doré dans la principauté. Cependant, soucieux de préserver les intérêts de la France en Afrique noire, le Général fit une exception pour les Français implantés là-bas: ils ont pu continuer, en toute discrétion, à déposer leurs francs CFA dans les banques monégasques sans risquer d'être taxés. Un privilège qui a profité à ceux que l'on a appelés «les Corses d'Afrique», mêlés à l'affaire du casino d'Annemasse toujours à l'instruction et, peut-être, au financement occulte de son parti. Mais, pour le reste, Monaco est sorti vainqueur du conflit. Emile Pelletier le reconnaît, non sans amertume, dans ses Mémoires: «Les sanctions sont devenues récompenses et l'honneur de la France n'est pas sortie grandie de cette aventure.»


Après de Gaulle, Onassis: le Greek tycoon figure aussi parmi les trophées du prince, fine gâchette par ailleurs, qui n'a eu de cesse d'étendre son territoire de chasse du château familial de Marchais, dans l'Aisne, où pullulent les sangliers. Lorsqu'il accoste, en 1951, l'armateur découvre une principauté en état de léthargie que son jeune souverain tente de réveiller en lui insufflant un dynamisme qu'elle a perdu avec la fin de la Belle Epoque. Mais c'est toujours un paradis fiscal. Aristote Onassis accepte de devenir actionnaire majoritaire de la Société des bains de mer (SBM), unique moteur économique de Monaco, et d'investir 1 million de dollars dans ses installations. Quinze ans plus tard, rien ne va plus. Onassis refuse de miser sur l'accueil d'une nouvelle clientèle: celle du tourisme d'affaires et de congrès, qui commence à se développer. Il ne veut pas, non plus, vendre ses actions. Alors Rainier promulgue une loi visant à la création de 600 000 actions de la SBM au bénéfice de l'Etat monégasque. Le tour est joué: la toute-puissante société qui gère le casino et les principaux hôtels et restaurants de Monaco est nationalisée! Elle le restera, même si, par la grâce d'une diversification des recettes imaginée et menée à bien par Rainier, les dividendes directs ou indirects qu'elle apporte au budget de l'Etat ont perdu de leur importance au fil du temps.


Cette habileté manœuvrière qui consiste, façon Napoléon, à attaquer l'ennemi par surprise sur son point faible, au moment où la bataille semble perdue, Rainier a montré, récemment encore, qu'il la possédait au plus haut point. Et cela à l'occasion des accusations de blanchiment d'argent sale qui ont visé Monaco au cours de l'an 2000, avec, notamment, le rapport Montebourg-Peillon. Le tir était nourri et bien ciblé. La principauté semblait grièvement atteinte. C'était compter sans son prince. Le 31 octobre 2000, il exige publiquement de renégocier les traités franco-monégasques, de les «dépoussiérer». «Il faut rendre Monaco aux Monégasques.» «La principauté entend retrouver sa pleine souveraineté.». «Monaco ne peut accepter de se laisser traiter comme Paris vient de le faire»: le plus étonnant reste qu'il a été entendu.

La principauté participe, aujourd'hui, à la solidité de la monnaie européenne 


Les diplomates se mettent au travail et Rainier est reçu par Jacques Chirac, le 8 novembre 2002, après la signature d'un nouveau traité en remplacement de celui de 1918. L'esprit du texte va dans le sens qu'il réclamait: c'est-à-dire une souveraineté et une indépendance accrues de Monaco envers de la France. Il est vrai que François Mitterrand avait capitulé - lui, sans combattre - lors d'une visite officielle en février 1984, en accordant à son hôte le bénéfice des eaux territoriales et celui de l'espace aérien, le privilège des télécommunications et un strapontin à l'ONU. On dit que le monarque républicain a été sensible à l'accueil princier que lui avait réservé le souverain de droit divin ainsi qu'au charme de la brune, belle, intelligente et cultivée princesse Caroline, très présente tout au long du premier séjour d'un président de la Ve République à Monaco.


Rainier est donc le digne descendant du fondateur de la dynastie des Grimaldi, un certain François, surnommé «Malizia» (la Malice), qui s'était fait ouvrir les portes de la forteresse, entraînant derrière lui une cohorte de spadassins, en se faisant passer pour un moine franciscain. Habile tacticien, le prince l'est à coup sûr, mais ce n'est pas tout: si Monaco, sous son règne, a toujours gagné contre la France, c'est que cette principauté, qui n'est pas d'opérette, dispose d'atouts que personne ne tient à remettre en question. «Monaco est une machine à faire de l'argent», avait déclaré le prince Rainier lors d'une interview télévisée voilà une vingtaine d'années. Il s'était bien gardé de dire pourquoi, pour qui et comment. Avec ses 45 banques, ses 360 000 comptes (10 par habitant) et ses 60 milliards d'euros de dépôts - une somme qui double tous les cinq ans - la principauté participe, aujourd'hui, à la solidité de la monnaie européenne comme elle a participé, hier, à celle du franc. Car son argent profite à 80% à l'économie française. Si Monaco n'existait pas, il faudrait l'inventer…


Mais l'élément décisif pour la pérennité de ce coffre-fort est l'intérêt qu'y trouvent de grandes entreprises ainsi que des personnalités ou partis politiques de tout bord. Le krach de la Banque industrielle de Monaco, en 1990, avait révélé l'existence d'un système de prête-noms quasi institutionnalisé. Avec, pour objectif, de préserver l'anonymat des véritables détenteurs de sommes considérables exemptes de toutes taxes sur les revenus de leur placement. Et aussi, pour les entreprises, la possibilité de distribuer aux administrateurs, non soumis à l'impôt et choisis en conséquence, jusqu'à 90% de leurs bénéfices. Voilà de quoi alimenter d'innombrables «caisses noires». De même que la structure des sociétés anonymes monégasques (SAM) et des sociétés civiles immobilières (SCI), pour lesquelles n'apparaît que le nom du gérant - résident ou homme de paille de nationalité monégasque - garantit l'opacité des capitaux engagés.


Argent noir des trafics en tout genre ou argent gris de l'évasion fiscale? Tandis qu'il répliquait vertement aux accusations de la mission parlementaire française, le prince Rainier avait décidé de lancer la chasse au premier pour mieux protéger le second. Et ce afin de perpétuer un système bancaire et fiscal qui est le principal moteur de la prospérité de son pays et dont il a toujours été un ardent défenseur. Mieux: il l'a renforcé par la loi du 28 décembre 1999, qui interdit toute extradition, «lorsque l'infraction a été commise en matière d'impôts, de taxes ou autres droits de douane ou de change». Ce qui fait de Monaco le refuge rêvé des fraudeurs du fisc poursuivis dans leur pays.


Ce pragmatisme, il l'a également démontré dans les conflits avec les grandes familles qui se sont longtemps arrogé les pouvoirs accordés au Conseil national, le Parlement monégasque. Furieux de voir ses prérogatives contestées par son ex-beau-frère, le notaire Jean-Charles Rey, surnommé «Juan Carlos», et ses affidés, il suspendit le Conseil national puis «ravala» la Constitution, vieille d'un demi-siècle. Promulgué le 17 décembre 1962, le nouveau texte stipule que les femmes ont le droit de voter, qu'elles sont éligibles et que la peine de mort est abolie. Et, aussi, que cette Constitution ne peut plus être suspendue ni modifiée, sans l'accord des élus. Ce «détail» a pris toute son importance lors du conflit larvé mais bien réel qui a, de nouveau, opposé le souverain au Conseil national - encore dominé par les grandes familles - à la fin de 2001 et au début de 2002. Une fois encore Rainier la Malice a su faire preuve d'habileté et de détermination en jouant le jeu des modernes à l'encontre des anciens. A l'issue d'un bras de fer de plusieurs mois, il a imposé au Conseil national, en avril 2002, le vote d'une modification de la Constitution. Les élus obtenaient le droit d'amendement sur les projets de loi laissés, cependant, à la seule initiative du gouvernement, c'est-à-dire du prince; ainsi que celui de ratifier les traités internationaux impliquant un financement de la part du budget de l'Etat, dont le vote demeurait leur apanage. Mais ces avancées accordées au Parlement cachent mal deux autres modifications auxquelles les élus ont tenté, en vain, de s'opposer: l'abaissement de l'âge de la majorité à 18 ans et l'instillation d'une dose de proportionnelle dans la loi électorale.

La rémunération minimale garantie à un croupier du casino est fixée à 5 500 euros par mois 


Avec ce semblant de démocratisation, le prince Rainier a réalisé un coup double: faciliter l'entrée de Monaco au Conseil de l'Europe - son dernier cheval de bataille dans son obsession de gagner des parts de souveraineté - et préparer sa succession en mettant en œuvre, au bénéfice de son fils, ce vieil adage: diviser pour mieux régner. Il a réussi au-delà de ce qu'il pouvait espérer. Le 20 février dernier, Stéphane Valéri, chef d'entreprise de 41 ans, a été élu président du Conseil national, après l'écrasante victoire de sa liste sur celle des sortants du Dr Jean-Louis Campora (voir l'encadré). En acceptant des changements qu'ils n'avaient pas voulus, les seigneurs du Rocher ont été contraints de suivre un autre précepte, typiquement monégasque celui-là: «Fo avala d'afè e scüpe d'amè» («Il faut avaler amer et cracher doux»). Ce qui peut s'interpréter comme «faire contre mauvaise fortune bon cœur». Mais cela n'a pas suffi. L'immense majorité des électeurs a entendu le message envoyé par le palais princier. Il y a belle lurette que le souverain monégasque s'est assuré du soutien inconditionnel de ses sujets. Ce n'est pas pour rien qu'ils l'appellent, entre eux, «le Patron». Il y a dans l'expression un mélange d'affection, de respect, d'admiration et de reconnaissance pour «leur» prince qui a su transformer un «rocher sur lequel on ne peut rien semer, ni cueillir» en une entreprise au chiffre d'affaires annuel estimé à 7,62 milliards d'euros. Pour 34 000 habitants, dont un cinquième de nationalité monégasque. Qui dit mieux?


Parallèlement, le budget de l'Etat a suivi une courbe exponentielle. Les recettes ont été multipliées par 20 en trente ans en passant de 190,77 millions de francs (1970) à 3 903,96 millions de francs (2000). Tandis que les dépenses en investissements et équipements dépassaient le tiers de ces sommes et cela sans vider un bas de laine constitutionnel variant autour des 16 milliards de francs. Cette prospérité, inédite dans l'histoire du pays, profite, peu ou prou, à chacun des 6 700 Monégasques. Ces derniers sont parmi les citoyens les plus choyés du monde. Ils n'acquittent ni taxe ni impôt. Certaines professions - médecin, avocat, notaire, huissier, pharmacien, architecte - leur sont réservées et, pour les autres emplois, ils bénéficient de la préférence nationale. Il n'y a donc pas de Monégasques chômeurs: ils n'occupent que 21% des 40 000 emplois disponibles sur leur territoire (les Français, 60%). Les diverses allocations font qu'il n'y a pas, non plus, de Monégasques pauvres ou mal logés. A titre d'exemple, la rémunération minimale garantie à un croupier du casino - la profession de prédilection des sujets de Son Altesse Sérénissime - est fixée à 5 500 euros par mois. Enfin, il est toujours beaucoup pardonné à tous les Monégasques: l'indulgence du prince est infinie. Des employés du casino, virés pour avoir détourné de l'argent, ont obtenu une licence de taxi, ce qui, à Monaco, constitue une confortable rente.


Mais à tout seigneur tout honneur: Rainier a amassé une fortune estimée à 2 milliards d'euros. En fournir le détail relève du secret d'Etat: il a toujours été particulièrement bien gardé. Tout juste sait-on qu'il possède 3% des actions de la SBM et deux collections de très grande valeur: l'une d'automobiles anciennes et l'autre de timbres, réputée la troisième plus importante au monde.


Sa passion pour la philatélie enfièvre non seulement le collectionneur, mais aussi l'homme d'affaires. Pour ne pas dire l'affairiste. Voilà ce qu'a révélé un dossier instruit par le juge Jean-Pierre Murciano, de Grasse. La perquisition chez l'un des protagonistes, mis en examen pour escroquerie, avait entraîné la saisie de copies de chèques d'un montant total de 2,30 millions d'euros émis au bénéfice personnel du souverain monégasque. Celui-ci avait vendu, à son propre compte, les blocs feuillets non dentelés issus de la fabrication de nouveaux timbres à la gloire de Monaco et de ses princes et princesses.


Ce sens des affaires, on le retrouve dans ce qui a fait l'essentiel de sa fortune: l'immobilier. Outre le château hérité de son grand-père à Marchais et une propriété d'été au mont Agel, au-dessus de Monaco, il s'est rendu propriétaire, dans la principauté, de plusieurs boutiques de souvenirs, d'une agence de voyages et de quatre immeubles locatifs. Dont La Belle Epoque, devenu célèbre depuis l'incendie qui a provoqué la mort d'Edmond Safra, le richissime banquier qui habitait un appartement de 1 000 mètres carrés loué 500 000 euros l'an à Son Altesse. C'est dire que le souverain monégasque n'a jamais négligé le filon du béton transformé en or: jusqu'à 15 000 euros le mètre carré.


Tout a été fait pour ne pas le tarir. Ce n'est pas pour rien que les notaires ont été soigneusement exclus de la liste - fixée par une ordonnance souveraine du 22 avril 2000 - des professions soumises à la déclaration de soupçons dans la lutte contre le blanchiment - à laquelle la principauté a fini par se rallier. Tout en continuant à fermer les yeux sur l'origine des fonds investis par les étrangers dans l'immobilier, il fallait pouvoir construire davantage. Rainier s'est attaché à agrandir la surface du territoire national, passée, en un demi-siècle, de 150 à 200 hectares dont 40 gagnés sur la mer. C'est la seule façon de répondre, serait-ce partiellement, à l'afflux de candidats à la résidence monégasque, attirés qu'ils sont par les avantages financiers de ce paradis fiscal. Souvent présenté comme visionnaire - «Il anticipe bien», assure l'un de ses anciens conseillers - Rainier a su ajouter, dès le début de son règne, un argument devenu irrésistible au fil des années: la sécurité. Tandis que le prestige de Monaco ne cessait de croître, sous l'effet de la médiatisation de la famille princière.


Ce n'est pas un hasard si la courbe du développement économique de la principauté a commencé à se redresser avec le mariage, en 1956, de Rainier et de Grace, du prince charmant et de la star de Hollywood. Depuis, on ne compte plus les articles, émissions de radio et de télévision, qui ont eu pour sujet, aux quatre coins du monde, les heurs et malheurs des princes et des princesses monégasques. En épousant Grace Kelly, le descendant des Grimaldi avait, également, trouvé son complément idéal dans l'exercice de ses prérogatives de souverain et de chef d'Etat: «Elle et moi formions vraiment une bonne équipe.»


Ensemble, ils ont fondé une vraie famille. Rainier a toujours su se montrer un père attentif envers ses enfants, et un grand-père modèle. Il n'a jamais voulu se remarier ni déroger au principe d'éducation qu'ils avaient choisi, lui et Grace, pour leurs enfants: leur laisser faire leurs propres expériences, respecter leurs choix après leur avoir donné un avis et des conseils appropriés. Et, surtout, rester à leur écoute. Quoi qu'il advienne, ne jamais rompre avec eux: «Laisser ma porte ouverte, confie-t-il. Pour moi, c'est l'essentiel.» Grace fut la seule, avec Loulou Marsan, son ami d'enfance, à pouvoir réellement infléchir ses choix. Sinon, Rainier a toujours justifié sa réputation d'homme peu influençable et porté à un exercice solitaire et tatillon du pouvoir. Les personnels de la prison doivent-ils changer d'uniforme? Le prince fait organiser un défilé dans une salle du palais pour choisir lui-même leur prochain costume. Le parc moto de la police doit-il être renouvelé? On lui présente les différents modèles et il désigne celui qui sera retenu.


Capable de colères aussi soudaines que dévastatrices, il cultive volontiers la défiance et la fidélité. A son fils, il a donné ce conseil: «Les vrais amis, et ils sont forcément rares, tu les reconnaîtras au fait qu'ils ne te demanderont aucune faveur.» Rien d'étonnant donc que, en regard de cette exigence, il se soit montré fidèle à ceux - une poignée - qu'il a jugés dignes de sa confiance. Il n'a jamais été entouré que de quatre conseillers, tous de vieilles connaissances, formant l'effectif de son cabinet. Le saint des saints où aboutissent toutes les informations, même les plus insignifiantes, et où se prennent toutes les décisions, même les plus anodines. En fait, le pays a deux gouvernements. L'officiel, dirigé par le ministre d'Etat assisté de trois ministres, et le cabinet princier. Le problème est de savoir dans quel sens tourne l'aiguille, murmure l'un des membres importants du Conseil national. Est-ce que le texte qu'on nous demande de voter émane du gouvernement ou, directement, du cabinet? Autrement dit, s'agit-il de la volonté du prince ou d'un projet propre au ministère d'Etat?» Cette ambiguïté n'est pas fortuite. Parfait Machiavel, Rainier en a usé pour se servir du gouvernement comme d'un bouclier lors des crises qui ont jalonné son règne. Mais, en définitive, il décide de tout, et seul. Avec le souci de ne pas gaspiller le moindre centime, qu'il appartienne à l'Etat ou vienne de sa bourse personnelle. Un notable, souvent invité aux dîners organisés au palais princier, raconte qu'il est préférable d'être placé aux côtés du prince Ernst de Hanovre si l'on veut boire à satiété. On profite alors de l'intempérance - bien connue - du troisième mari de Caroline au lieu d'être soumis au régime des autres convives, réduits, par mesure d'économie, au strict minimum. 


Solitaire, Rainier l'est également dans sa vie privée depuis le décès de Grace, le 13 septembre 1982. Peu enclin, par nature, à se complaire dans les mondanités, il n'a plus accepté que celles inhérentes aux devoirs de sa charge. Il préfère se retrancher dans son atelier de sculpteur et de soudeur. Il adore découper les tôles, assembler des bouts de ferraille et composer des œuvres en métal. «A Marchais, je ne laisse à personne le soin de réparer les engins de la ferme, dit-il. Plus généralement, le travail manuel me détend de mes activités de bureau.» Ce timide, qui communique plus volontiers par écrit qu'oralement, ne se sent vraiment à l'aise qu'avec ses proches ou les animaux, fussent-ils réputés «sauvages». Sa passion pour le cirque n'est pas feinte. Elle l'a conduit à organiser à Monaco, chaque année depuis 1974, un festival unique au monde. «Nous nous réunissons au palais avec le prince Rainier et la princesse Stéphanie, à laquelle son père a transmis le virus, pour visionner les vidéocassettes venues du monde entier, raconte le Dr Alain Frère, maire de Tourrette-Levens, près de Nice, et, surtout, grand spécialiste en la matière. Toujours très méticuleux et perfectionniste, le prince prend des notes, puis nous fait connaître son choix. Je peux affirmer qu'il ne se trompe jamais sur la qualité. En particulier quand il s'agit de numéros de dressage, il sait reconnaître la vraie complicité entre l'homme et l'animal.» La raison profonde de son attachement, jamais démenti, pour le cirque, on la trouve dans la préface du programme du premier festival, en décembre 1974: «Dans ce rond de lumière, personne ne peut tricher», a écrit Rainier. Outre le cirque, Son Altesse a une passion pour le football. Il faut qu'il soit malade pour qu'il renonce à assister à un match de «son» équipe. Mais, dès qu'il se rétablit, il revient prendre place dans la loge princière, où il se comporte tel un supporter de base, se laissant aller aux applaudissements et à l'invective. Comme ce jour de 1968 où il échangea un bras d'honneur vraiment peu diplomatique avec Jérôme Claudel Legros, joueur d'Angoulême et, subsidiairement, consul d'Haïti à Bordeaux. L'exercice d'un pouvoir quasi absolu avec, à ses heures de loisir, la sculpture du métal, le cirque et le football, n'aurait pas suffi à l'aider à surmonter aussi longtemps les tragédies et la maladie - un triple pontage, l'ablation partielle d'un poumon à la suite d'un cancer et une succession d'infections broncho-pulmonaires - si Rainier n'avait été doté d'une ténacité exceptionnelle. «C'est un roc», assure l'un de ses conseillers. Le qualificatif doit l'enchanter. Le roc - «a rocca» - c'est le Rocher sur lequel flotte depuis plus de sept cents ans le blason des Grimaldi.
 
 
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						<title>PIRATAGES</title> 

						<link>http://societe2.monblogue.com/2003/05/28#17807</link> 

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 COPIES   

CD protégés : l'UFC
contre-attaque 
L'association assigne plusieurs producteurs et distributeurs pour des verrous qui rendent inécoutables certains disques sur certains appareils. 

  
Certains CD contiennent juste des données au début des plages, en les rayant, on débloque le CD qui peut être lu par n'importe quel ordinateur
   
L'organisation de défense des consommateurs UFC-Que Choisir a annoncé mardi qu'elle assignait en justice plusieurs majors du disque ainsi que deux chaînes de grande distribution pour protester contre les systèmes de protection qui «verrouillent» certains CD et DVD, empêchant les acheteurs de les copier ou même de les écouter sur certains appareils. 
Dénonçant un «scandale des CD inaudibles», l'UFC-Que Choisir «accuse les grandes maisons de disques de 'verrouiller' les CD au mépris du droit des consommateurs». L'organisation précise dans un communiqué avoir décidé d'assigner en justice EMI Music France, Warner Music France, Universal Pictures Video, ainsi que les distributeurs Auchan et la FNAC, dans trois dossiers distincts.

La question de la copie privée

L'association diffuse également sur son site web une liste de plusieurs centaines de disques protégés par un système technique qui «empêche les consommateurs de faire des compilations, de transférer les plages d'un disque acheté sur un baladeur numérique ou de réaliser une duplication autorisée», ou les rend illisibles sur certains lecteurs (micro-ordinateurs, autoradios ou baladeurs). 
Aux yeux de l'UFC, ces protections «violent le droit à la copie privée» et «constituent un vice caché quand elles empêchent les consommateurs de lire leur disque» sur leur lecteur, a précisé Gaëlle Patetta, du service juridique de l'association. L'UFC espère «obtenir la suppression de ces systèmes», a-t-elle déclaré. 

&quot;Un vrai fléau&quot;

L'UFC rappelle que le droit à la copie privée est reconnu par le code de la propriété intellectuelle et qu'en contrepartie les consommateurs français ont acquitté «une redevance de 135 millions d'euros» en 2002 sur tous les achats de supports vierges. 
De son côté, le directeur du disque à la FNAC Rodolphe Buet a assuré que «le piratage est un vrai fléau» contre lequel l'industrie du disque «doit se protéger», même si le logiciel de protection contenu sur les CD «n'est pas forcément la seule réponse». 
Interrogé par l'Associated Press, il a souligné avoir «alerté les éditeurs il y a plusieurs mois» après plusieurs plaintes de clients, et souhaite trouver avec eux «des outils qui garantissent les droits des artistes comme ceux des clients». 
Contactées à plusieurs reprises dans la journée de mardi, les maisons de disques mises en cause par l'UFC-Que Choisir n'étaient pas en mesure de faire de commentaires sur ce dossier. 
Depuis plusieurs mois, les éditeurs de CD audios et de DVD ont mis en place des systèmes techniques empêchant la copie des disques. Les majors entendent ainsi mettre un terme à la copie illégale ou aux échanges de fichier entre les internautes. AP 



 
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						<title>LETTRE DE L'OCDE</title> 

						<link>http://societe2.monblogue.com/2003/05/27#17663</link> 

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&lt;P&gt;&lt;IMG src=&quot;http://www.europresse.com/cacheimages/lm.gif&quot; border=0&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=+1&gt;Le Monde&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;Débats, mercredi 28 mai 2003, p. 16 
&lt;P&gt;Correspondance&lt;BR&gt;&lt;B&gt;Une lettre de l'OCDE&lt;/B&gt; 
&lt;P&gt;&lt;I&gt;A la suite du point de vue de Samuel Johsua intitulé&lt;/I&gt; &quot;Luc Ferry ou la course à la sornette&quot; (Le Monde du 21 mai), nous avons reçu d'Ulrich Hiemenz, directeur adjoint et chef de la recherche du Centre de développement de l'OCDE, la mise au point suivante : 
&lt;P&gt;La référence faite à une de nos publications, le &lt;I&gt;Cahier de politique économique&lt;/I&gt; n° 13, consacré à &quot;La faisabilité politique de l'ajustement&quot;, nous amène à apporter quelques précisions. 
&lt;P&gt;Le &lt;I&gt;Cahier de politique économique&lt;/I&gt; n°13 analyse la mise en oeuvre des politiques d'ajustement structurel dans les pays en développement dans les années 1980-1990. La citation traite de pratiques politiques observées dans certains pays de l'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine, et non des pays membres de l'OCDE dont la France. 
&lt;P&gt;L'auteur de ce &lt;I&gt;Cahier de politique économique&lt;/I&gt; précise dans le paragraphe qui suit celui dont est extraite la citation qu'il désapprouve ces pratiques : &lt;I&gt;&quot;C'est pour dissiper toute ambiguïté à ce sujet et ne pas laisser penser que ce classement politique a valeur d'approbation que nous avons rappelé en introduction&lt;/I&gt; -...- ce qu'un gouvernement devrait faire s'il se souciait de justice, le seul critère que l'on puisse toujours approuver.&quot; 
&lt;P&gt;Comme indiqué dans la publication elle-même : &lt;I&gt;&quot;Les idées exprimées et les arguments avancés dans cette publication sont ceux des auteurs et ne reflètent pas nécessairement ceux de l'OCDE ou des gouvernements de ses pays membres.&quot;&lt;/I&gt;En clair, les pratiques mentionnées dans la citation utilisée ne sont en aucun cas une manière de procéder prônée par l'OCDE. 
&lt;P&gt;La publication en question remonte à 1996 et non à 2000. 
&lt;P&gt;&lt;B&gt;Catégorie :&lt;/B&gt; Éditorial et opinions&lt;BR&gt;&lt;B&gt;Taille :&lt;/B&gt; Court, 186 mots 
&lt;P&gt;&lt;B&gt;&lt;I&gt;© 2003 SA Le Monde. Tous droits réservés.&lt;/I&gt;&lt;/B&gt; 
&lt;P&gt;Doc. : 20030528LM0Q2805_625316&lt;/P&gt;&lt;/TD&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;/TD&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt; 
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						<title>SPOLIATION</title> 

						<link>http://societe2.monblogue.com/2003/05/27#17652</link> 

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&lt;P&gt;&lt;IMG src=&quot;http://www.europresse.com/cacheimages/lf.gif&quot; border=0&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=+1&gt;Le Figaro&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;Mardi 27 mai 2003 
&lt;P&gt;INDEMNISATION Leurs aïeuls étaient partis chercher fortune en Russie avant la révolution de 1917&lt;BR&gt;&lt;B&gt;Les descendants des Français spoliés par la révolution russe réclament justice&lt;/B&gt; 
&lt;P&gt;Marie-Douce Albert 
&lt;P&gt;&lt;B&gt;Ils sont beaucoup moins célèbres que les porteurs d'emprunts russes. Pourtant, ils se battent aussi depuis des décennies pour obtenir réparation des séquelles de la révolution de 1917. Ces descendants de Français partis chercher fortune en Russie à la fin du XIX e siècle et chassés en 1919 ne veulent pas se contenter de la somme symbolique octroyée par Moscou en 1996. Ils ont décidé de se retourner contre l'État français.&lt;/B&gt; 
&lt;P&gt;Prosper-François Sigé, né en 1837 à Sérignan, dans l'Hérault, était tailleur de profession et aventurier dans l'âme. En 1865, accompagné de sa femme, Marie-Octavie, il quitta la France pour tenter sa chance à l'Est. Destination : la Russie, et plus précisément Moscou, où il avait entendu parler d'une maison de couture à reprendre. La suite, c'est son arrière-arrière-petit-fils, Claude Sigé, qui la raconte : «Il y avait déjà en Russie une bonne colonie française. A l'époque, le pays faisait figure d'eldorado. Les Français y étaient très appréciés pour leur savoir-faire et leur luxe.» L'âge d'or des Français dans l'Empire russe avait commencé à la fin du XVIII e siècle, sous le règne de la très francophile Catherine II. Toute l'aristocratie russe adopta les usages en vigueur sur les rives de la Seine, en embauchant les indispensables nourrices, précepteurs et autres cuisiniers français. Au XIX e siècle, profitant de l'élan industriel russe autant que de la bonne entente entre les deux pays, ingénieurs, commerçants et ouvriers français en quête de fortune prirent à leur tour le chemin de l'Empire des tsars pour travailler dans les chemins de fer, la parfumerie, la haute couture ou la cristallerie. On aurait alors compté jusqu'à 10 000 familles françaises installées sur les terres russes. En ces temps-là, la maison de couture Prosper-François Sigé est une affaire florissante. L'établissement a pignon sur une riche artère moscovite, et fournit la cour impériale. À Moscou, le tailleur français voit également la famille s'agrandir, avec la naissance de ses deux fils, dont Frédéric, l'arrière-grand-père de Claude Sigé. Celui-ci créera sa propre maison, spécialisée dans la confection de tenues d'amazone. La famille tient son rang dans la bourgeoisie cossue des expatriés. En 1905, Prosper rentre finir ses jours au pays. L'histoire russe des Sigé ne s'achève cependant pas sur cette note paisible, mais dans la tourmente de la révolution russe. Tout d'abord, les Français ne sont pas trop inquiétés. Mais tout bascule après que les forces franco-anglaises «tentent de renverser le gouvernement bolchevique, qui avait signé la paix avec les Allemands», raconte Claude Sigé. Les expatriés sont alors désignés comme les ennemis, internés puis chassés. Ils laissent derrière eux des entreprises et leurs biens personnels. Arrivés en France, ce sont des baraquements du boulevard Jourdan, dans le sud de Paris, qui font office de centre de rapatriement. Pendant des années, Frédéric Sigé «a vivoté» en vendant des livres. «Il est toujours resté digne, mais il a fini dans une chambre de bonne», se désole son arrière-petit-fils. De leur glorieux passé, ces expatriés ne rapportèrent que quelques liasses de documents aujourd'hui jaunis que leurs descendants continuent d'exhiber. Des photographies de datchas ou de promenades dans la campagne moscovite. De vieux catalogues d'usines. Des inventaires méticuleux de trésors perdus, comme cette liste dressée par l'arrière-grand-mère de Claude Sigé, qui énumère un piano, des statuettes en bronze, une pèlerine avec manchon, un secrétaire en chêne... Il ne restait que ces souvenirs, et la volonté d'obtenir réparation. Car dès 1919 les rapatriés se regroupent au sein de ce qui deviendra la Ligue nationale des sinistrés français en Russie. Une association, maintenant présidée par Claude Sigé, qui n'a eu de cesse de réclamer une indemnisation et qui «n'abandonne pas la lutte», précise Philippe Muller, membre du comité de direction. Même si la Russie a accordé il y a quelques années une somme destinée à dédommager les expatriés spoliés, mais aussi leurs compagnons d'infortune, les fameux porteurs d'emprunts russes. En 1996, en effet, la Russie et la France ont signé un mémorandum permettant de régler définitivement leurs créances réciproques. Le texte prévoyait que Moscou verserait 400 millions de dollars (340 millions d'euros), à charge pour la France de les répartir entre les ayants droit. Beaucoup avaient alors déploré la médiocrité du montant. Charles Josselin, secrétaire d'État à la Coopération du gouvernement Jospin, avait expliqué l'année suivante, devant le Sénat : «Le gouvernement français considère que le paiement (de cette somme) constitue le meilleur résultat que l'on pouvait espérer», étant donné la situation financière de la Russie. Plus tard, le président de la commission du suivi mise en place après la signature du mémorandum, Jean-Claude Paye, avait estimé que «la modicité de la somme versée par la Russie au regard de (la) créance française (...) signifiait que l'indemnisation serait donc de l'ordre du symbole plus que de la réparation» (1). Six ans plus tard, les représentants de la Ligue des sinistrés n'ont pas de mots assez durs pour critiquer cet accord et ses modalités d'application. «La France s'est désendettée sur le dos des sinistrés et des porteurs de titres», dénonce Philippe Muller, 82 ans. Claude Sigé renchérit : «Nous avons été mal défendus. Le gouvernement aurait pu obtenir un meilleur accord.» Ce dernier juge en outre que ces 400 millions de dollars «ont été mal répartis». Philippe Muller, dont le père dirigeait une grosse entreprise de travaux publics en Russie, parle ainsi de méthode de calcul «inique» qui «nous a été bien plus défavorable qu'aux porteurs de titres». Il n'est pas le seul à le dire, puisqu'un ancien membre de la Commission du suivi se souvient que «le problème de la masse très importante des petits porteurs l'emportait. Il m'a semblé que les spoliés étaient passés à l'arrière-plan...» Au ministère de l'Économie et des Finances, on se borne à rappeler que «les modalités de répartition ont été fixées par la Loi de finances rectificative de 1999, et donc votées au Parlement». Mais les membres de la Ligue n'entendent pas se contenter d'indemnisations si maigres, selon eux, qu'elles couvrent à peine 1% des pertes subies. Ainsi, la famille Sigé, qui estime avoir laissé deux millions d'euros dans l'aventure russe, n'a touché que 30 500 euros. «Si ces familles avaient eu un immeuble, elles auraient récupéré une marche d'escalier», calculent M es Charles Jolibois et Jacques Rohaut, avocats de la ligue. «On peut dire qu'elles n'ont pas été indemnisées, puisque les sommes étaient quasi nulles. On peut aussi considérer que l'État n'avait pas à dire que cela suffisait.» Alors que la France jugeait apparemment le dossier clos, les membres de Ligue en ont décidé autrement. Estimant trop difficile, voire vain, de se retourner contre la Russie, quelques héritiers ont pris le parti d'attaquer leur pays pour obtenir une meilleure réparation. Quand ils auront épuisé tous les recours nationaux, ils porteront l'affaire devant la Cour européenne des droits de l'homme, sans doute vers 2005. M es Jolibois et Rohaut entendent s'appuyer sur la Convention européenne des droits de l'homme : «Toute personne physique ou morale a droit au respect de ses biens» (2). Aujourd'hui, il ne reste, du côté de la Ligue, que dix-huit familles à tenter leur chance. Mais «quatre-vingts ans se sont écoulés pendant lesquels nous pensions ne rien toucher du tout», rappelle Philippe Muller. «Recevoir un petit quelque chose nous a encouragés à continuer. Nous pensons que la cause est juste.» Et apparemment largement ignorée. (1) Dans Les Emprunts russes et le règlement du contentieux financier franco-russe, Cedin-Paris I, cahiers internationaux n° 16, publiés en 2002, Éditions Pedone. (2) Protocole additionnel à la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. 
&lt;P&gt;Marie-Douce Albert 
&lt;P&gt;&lt;B&gt;Illustration(s) :&lt;/B&gt; 
&lt;P&gt;La maison de couture de Prosper-François Sigé au XIX e siècle : une affaire florissante établie sur une riche artère moscovite. Ses héritiers, chassés par la révolution russe et rapatriés en France ont tout perdu. 
&lt;P&gt;&lt;B&gt;Catégorie :&lt;/B&gt; Actualités&lt;BR&gt;&lt;B&gt;Sujet(s) uniforme(s) :&lt;/B&gt; Histoire, archéologie et généalogie; Sports et loisirs&lt;BR&gt;&lt;B&gt;Taille :&lt;/B&gt; Long, 984 mots 
&lt;P&gt;&lt;B&gt;&lt;I&gt;© 2003 Le Figaro. Tous droits réservés.&lt;/B&gt;&lt;/I&gt; 
&lt;P&gt;Doc. : 20030527LF20030527_2FIG0012&lt;BR&gt;&lt;/P&gt;&lt;/TD&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;/TD&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt; 
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						<title>EDUCATION</title> 

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&lt;P&gt;&lt;IMG src=&quot;http://www.europresse.com/cacheimages/li.gif&quot; border=0&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=+1&gt;Libération&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;REBONDS, mardi 27 mai 2003, p. 7 
&lt;P&gt;REBONDS La France a signé des traités européens qui prévalent sur ses propres lois.&lt;BR&gt;&lt;B&gt;L'instruction publique interdite par la loi&lt;/B&gt; 
&lt;P&gt;SACHOT Maurice 
&lt;P&gt;Nous croyons naïvement &amp;shy; et les gouvernements successifs nous maintiennent dans cette grave illusion &amp;shy; que la législation qui s'applique à l'éducation est celle de la France, c'est-à-dire d'une République laïque. Or, la France a signé des conventions ou autres traités européens et internationaux, lesquels prévalent sur ses propres lois. Et chacun sait que, à ce niveau, l'éducation, puisque la laïcité serait une «spécificité française», n'est pas envisagée comme une mission de service public, mais plutôt comme un marché qui doit être privatisé.Là réside, au plus profond, la crise sans précédent que connaît l'éducation en France. Deux logiques s'affrontent, dont l'une est plutôt partagée par l'ensemble des acteurs de l'éducation comme par l'ensemble de la population et l'autre par les instances dirigeantes acquises aux thèses élaborées par le monde des finances, des entreprises et des affaires. La première se comprend dans le cadre de la législation nationale et étatique que deux siècles de culture républicaine partagée ont élaborée, la seconde plutôt dans le jeu d'organisations et d'instances transnationales, privées et publiques. Ce conflit n'est pas nouveau. Mais il connaît une accélération soudaine, sinon décisive avec les différents projets en cours concernant la libéralisation (privatisation) de la fonction publique en général et de l'éducation en particulier (la décentralisation, la réforme des universités...).Prenons un cas très précis : celui du «foulard islamique», qui fait reparler de lui en ce moment. Nous croyons que nous pouvons régler cette question uniquement avec les ressources du droit national. Cela est faux. En 1989, le Conseil d'Etat, pour émettre l'avis qu'avait sollicité Lionel Jospin, a procédé à l'analyse des textes constitutionnels, des engagements internationaux conclus par la France et des dispositions législatives et réglementaires qui garantissent les principes de laïcité et de liberté de conscience (J.O. du 15 décembre 1989). La procédure suivie fut conforme à l'établissement du droit. Mais fut-elle conforme à la logique qui préside à la législation de l'éducation en France ? N'a-t-elle pas été troublée par celle des «engagements internationaux» ? Le Conseil d'Etat s'est en effet explicitement appuyé sur l'article 10 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789, qui dit que nul ne doit être inquiété pour ses opinions, mêmes religieuses. Or, faut-il le remarquer, cette Déclaration ne concerne pas les enfants (au sens de mineurs), mais les adultes ! Si on dit qu'elle s'applique aussi aux enfants, alors il faut être logique jusqu'au bout : il faut immédiatement fermer les écoles de la République. Celles-ci ne respectent pas la liberté des opinions et des croyances, puisque, par définition, elles soumettent celles-ci à l'examen critique des disciplines.Si, revenant sur cet avis et sur les autres qui ont suivi, on voulait légiférer dans le sens de la tradition républicaine française, on en serait empêché par la Convention européenne des droits de l'enfant, adoptée le 20 novembre 1988. Celle-ci reconnaît bien les enfants en tant que mineurs. Mais elle détourne la difficulté en reportant leurs droits sur ceux de leurs parents et fait &amp;shy; ce qui n'est pas étonnant pour une instance qui n'a pas la puissance d'un Etat &amp;shy; totalement l'impasse sur l'instance fondatrice du droit qu'est un Etat. Du coup, elle fait obligation aux Etats de suivre la volonté des parents dans l'éducation des enfants, et donc d'inculquer leur religion à ces derniers s'ils le veulent. Article 14 : 1- Les Etats parties respectent le droit de l'enfant à la liberté de pensée, de conscience et de religion. 2- Les Etats parties respectent le droit et le devoir des parents ou, le cas échéant, des représentants légaux de l'enfant, de guider celui-ci dans l'exercice du droit susmentionné d'une manière qui corresponde au développement de ses capacités. L'Etat au service des religions par le biais des parents ! Ceux qui veulent modifier la loi française sont donc prévenus : cette modification ne résisterait pas devant le moindre recours porté devant les instances européennes.Cas particulier, la question du «foulard islamique» révèle la grave inconséquence du cadre légal dans lequel la France se trouve actuellement, inconséquence qui englobe tout le champ éducatif (et pas seulement le domaine du religieux) et met tout le monde dans le désarroi le plus complet.Or, il est un point que ne considère pas la Convention européenne des droits de l'enfant, point qui était acquis par les rédacteurs de la Déclaration des droits de l'homme de 1789 : le statut épistémologique des religions. Elles ne sont pas toutes sur le même plan à cet égard. Les trois religions monothéistes ne relèvent pas seulement de la culture. Se disant révélées par Dieu, elles prétendent dire la vérité aux hommes et leur dicter leur conduite, aussi bien pour le privé que pour le public. Cette prétention n'est pas recevable par la raison. Ce qu'énoncent les religions ne relève pas de la vérité, mais de l'opinion. Tel est le principe épistémique qui fonde l'article 10 de la Déclaration de 1789 et qui fait obligation à l'Etat, en tant que forme institutionnelle de la République des citoyens, d'instaurer une Ecole qui libère l'enfant par l'instruction.La République, telle qu'elle s'est construite dans la culture française, n'est pas d'abord un régime politique, une forme de l'Etat. Elle n'est pas, comme dans bien d'autres pays, un rouage dans une hiérarchie d'institutions qui vont de la société jusqu'à la patrie, en passant par la nation et l'...tat. Elle est l'instance qui les transcende toutes et les institue comme telles, parce qu'elle n'est pas en elle-même une institution : elle n'est rien d'autre que les citoyens qui la composent, comme Jacques Muglioni le rappelait avec insistance et justesse. Or, comme elle n'est pas davantage une Eglise, elle ne sait rien ni quant au bien ni quant au vrai, les deux transcendantaux majeurs qui font la spécificité de l'être humain et fondent sa liberté et sa responsabilité, individuelle et collective.Instruire ces deux questions (la question du bien exigeant celle du vrai) et permettre à tout enfant de le faire lui-même pour qu'il puisse dépasser le stade de l'opinion et des préjugés pour celui d'un véritable jugement, telle est la mission assignée à l'école républicaine. Comme elle porte sur l'être même de chacun et comme l'enfant ne peut encore, par définition, être en mesure de se faire un jugement libre et responsable, seule est de mise une épistémologie de l'instruction, répondant aux exigences de la démarche scientifique. Abandonner cette épistémologie qui, seule, justifie intellectuellement et déontologiquement l'action d'un enseignant sur un enfant, c'est nécessairement prêter concours à une épistémologie de l'inculcation (religieuse ou séculière), et, donc, de la soumission et de l'aliénation.La Convention européenne des droits de l'enfant participe de cette épistémologie de l'inculcation. Elle y ajoute même la puissance de l'Etat, ce contre quoi Condorcet nous avait pourtant mis en garde dans son Premier Mémoire sur l'Instruction publique (1 791) : celui qui en entrant dans la société y porte des opinions que son éducation lui a données, n'est plus un homme libre ; il est l'esclave de ses maîtres, et ses fers son