{SOCIETE PAR ERIC JL BRETON}

Publié le vendredi 30 mai 2003

Vendredi 30 mai 2003 * LE CONCORDE

LEGENDE. Demain, Concorde aura vécu Samedi autour de 18 heures, le supersonique, véritable mythe national, mettra un point final à une épopée longue de trente-quatre ans. Il atterrira à Roissy, en provenance de New York. La fin d'une aventure, la mort d'un mythe. Emotion assurée. C'EST AUTOUR de 18 heures que le bel avion blanc aux armes d'Air France se posera à Roissy, après avoir décollé quelque 4 heures plus tôt de New York. Un atterrissage « en douleur » qui met un point final à une épopée de trente-quatre ans. Une épopée humaine digne des plus grandes fresques romantiques, semée d'espoirs, de conquêtes et de désillusions. Une aventure tour à tour géniale et tragique. Jamais aucun avion n'aura nourri autant de fascination et d'émotion, individuelle et collective. Comme le paquebot « France », Concorde s'est vite transformé en mythe national. Plus de 150 auteurs l'ont pris pour thème de leurs ouvrages, sans compter ceux en préparation. 750 timbres à son effigie ont été imprimés dans le monde. Sans parler de la « Concordemania » qui dans les années 70 et 80, a fait de l'avion qui « allait plus vite que le soleil » l'emblème le plus décliné par les géants de l'agroalimentaire, les lessiviers ou les fabricants de jouets. Depuis qu'ils ont appris sa fin prochaine, les fans se sont précipités par milliers, deux fois par jour, aux abords de la RN 17, à Goussainville, pour admirer l'envol ou l'approche de leur avion passion. Un spectacle qu'ils savent, désormais, éphémère. Depuis quelques semaines, les gendarmes n'ont pas hésité à condamner systématiquement une des voies de la nationale pour la transformer en parking des amoureux du Concorde. L'avion de tous les records La crise du transport aérien, la dégradation de la situation économique mondiale et les menaces terroristes auront donc eu raison de lui. Et dans quelques mois, de son frère jumeau britannique. Mais « la tribu Concorde », les 147 mécaniciens et techniciens de maintenance, les 90 hôtesses et les 36 pilotes garderont imprimées à tout jamais les étapes de la vie de leur « bébé » qui aura rythmé, pendant plus de trois décennies, leurs propres existences. Le 2 mars 1969, André Turcat survole Toulouse à bord du prototype 001 à aile à delta. En octobre 1969, Concorde franchit le mur du son et atteint, le 4 novembre 1970, mach 2 (2 155 km/h). En janvier 1976, les premières liaisons commerciales sont inaugurées. Dès lors, l'avion bat record sur record. Il cumule les tours du monde et sert d'avion présidentiel à François Mitterrand. Il devient aussi le symbole du luxe de la croisière aérienne transatlantique pour les stars, les top models, les grands patrons et les hommes politiques. Parmi les habitués, les chanteurs Elton John, Sting, Paul McCartney, Johnny Hallyday ou Mireille Mathieu, les mannequins Liz Hurley et Claudia Schiffer, les hommes d'affaires comme le parfumeur Jean-Paul Guerlain ou Jean-Marie Messier du temps de sa splendeur... Mais en juillet 2000, c'est le drame. Des restes du « Concorde l'invincible » sont extraits les corps de 113 morts... Une tragédie dont l'avion ne s'est jamais remis. La guerre en Irak, enfin, a infligé le coup de grâce à ce bijou de la technique, relégué bientôt au rang de curiosité de musée. Exposition « Concorde l'oiseau supersonique », le samedi 21 juin à la Maison de l'environnement de l'aéroport d'Orly. Renseignements au 01.49.75.25.85. Carole Guéchi (avec Denis Carreaux) Le Parisien , vendredi 30 mai 2003

ericjeanloicbreton, 2003-05-30 12:41:37
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Vendredi 30 mai 2003 * UNE ERREUR

Un ancien combattant découvre qu'il est "mort" depuis 60 ans LONDRES (Reuters) - Un vétéran britannique de la Deuxième Guerre mondiale a découvert sur le monument aux morts de sa ville qu'il était considéré comme mort depuis près de 60 ans, rapporte le Times vendredi. George O'Key, 83 ans, a été stupéfait de retrouver son nom sur la liste d'honneur du monument commémoratif de Middlesbrough, dans le nord-ouest de l'Angleterre. "Je suis allé directement au bureau du directeur du parc. Je lui ai dit: 'je veux juste que vous sachiez que je suis toujours vivant.' J'ai failli mourir plusieurs fois durant la guerre, mais personne n'a réussi à me tuer", a-t-il raconté au Times. Le nom inscrit sur la plaque de bronze du monument aurait dû être celui du frère aîné de George O'Key, Frederick, décédé alors qu'il était prisonnier de guerre des Japonais en 1944. George servait, lui, dans la marine marchande. Le conseil municipal de Middlesbrough a annoncé qu'il allait corriger cette erreur.

ericjeanloicbreton, 2003-05-30 12:03:04
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Vendredi 30 mai 2003 * VICHY

Vichy ou le déni de justice LE MONDE DES LIVRES | 29.05.03 | 17h51 Un travail rigoureux et sensible sur les cours martiales de l'Etat français du début de 1944 LA JUSTICE DU PIRE Les cours martiales sous Vichy de Virginie Sansico. Payot, 384 p., 21 € . Succédant à René Bousquet, Joseph Darnand, chef de la Milice, devient à l'extrême fin de 1943 secrétaire général au maintien de l'ordre – instance à laquelle vient d'être rattachée l'administration pénitentiaire. Il le restera jusqu'à l'écroulement du régime, accédant même au titre de ministre en juin 1944. En cette période de fuite en avant du régime de Vichy vers toujours plus de collaboration et de quasi-guerre civile en plusieurs parties du territoire, une telle nomination signe clairement la confusion des rôles entre appareil d'Etat – au moins dans certaines de ses composantes – et factions miliciennes. De cette forme d'hybridation vont naître, le 20 janvier 1944, les cours martiales. Composées de trois membres désignés par le secrétaire général au maintien de l'ordre, et délestées de l'encombrante procédure pénale – les inculpés n'étaient pas assistés par un avocat –, elles jugeaient les personnes poursuivies pour crime lié à une activité "terroriste", qu'elles avaient la faculté soit d'acquitter, soit de faire immédiatement passer par les armes. Chargées officiellement de cette forme expéditive de ce que l'on ose à peine qualifier de justice, elles ne s'en inscrivent pas moins dans le cadre légal de ce qui reste l'Etat français. Virginie Sansico s'attache à souligner combien ce dispositif, dont la finalité n'est rien d'autre que l'exécution sommaire de résistants, jeunes pour la plupart, n'en fait pas moins l'objet de tractations administratives banales, tout en s'inscrivant dans un jeu de redistribution des pouvoirs de répression né de la réticence des juridictions pénales – y compris celles, extraordinaires, créées par le régime – à se montrer aussi sévères que le pouvoir et les Allemands l'exigent. De ces cours martiales, Virginie Sansico nous présente un panorama clair, de leur genèse à leur triste bilan (200 personnes exécutées au moins, en six mois de fonctionnement). Mais elle n'oublie pas non plus – ce qui est parfois le risque lorsque, gisements archivistiques obligent, on s'intéresse aux créations institutionnelles de l'Etat français – d'évoquer, après la "sombre chronique" des bourreaux et de leurs actes, leurs victimes, en des pages émouvantes issues des dernières lettres de quelques-uns des très jeunes condamnés de ces cours. Livre capable de mêler rigueur méthodologique et expressivité d'écriture, ce travail confirme que, s'agissant de Vichy, et même sous des aspects aussi étudiés que la répression, il reste encore des pages d'histoire à écrire. Marc Olivier Baruch • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 30.05.03

ericjeanloicbreton, 2003-05-30 10:50:35
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