| Japon: record de cas de prostitution enfantine liés à l'internet en 2002
TOKYO, 20 fév (AFP) - Le nombre de cas de prostitution enfantine liés au Japon à des services de rencontre par l'internet a plus que doublé pour atteindre le record de 268 l'année dernière, selon un rapport de l'Agence nationale de la police rendu public jeudi. Ces crimes, dont les victimes sont âgées de moins de 18 ans, représentent près de 30% du nombre total de crimes commis avec l'aide de l'internet, qui a lui aussi atteint un record: 958 cas, 35% de plus qu'en 2001. "Des hommes adultes ont utilisé les services de rencontre par l'internet et payé pour des relations sexuelles avec des enfants", a déclaré un porte-parole de la police. "La forte hausse du nombre de cas de prostitution enfantine pourrait être très liée à la popularité des téléphones cellulaires", a poursuivi le porte-parole. Un très grand nombre de téléphones cellulaires permettent au Japon de surfer sur la toile. La police a également signalé 140 cas de photographies pornographiques d'enfants vendues sur l'internet, en hausse de 9% par rapport à 2001. Par ailleurs, 112 cas de fraude par l'internet ont été répertoriés dont 54% liés à des enchères en ligne, a précisé le rapport de la police.
|
ericjeanloicbreton, 2003-02-20 09:42:49
Permalien | Ajouter un commentaire | PROSTITUTION
| Il était une fois le Moyen-Orient |
«Les croisés pillaient, violaient, massacraient...» |
Pendant plus de mille ans, le Moyen-Orient a été le lieu d'affrontements entre Occident et Orient, entre chrétiens et musulmans. On ose à peine employer ce terme, mais il s'agissait bien d'un choc de civilisations. On peut le dire, en effet. Le Moyen-Orient, région de toutes les origines, fut aussi le lieu de tous les affrontements. A la mort de Mahomet, en 632, au moment où l'islam se développe en Arabie, la Méditerranée orientale fait partie de l'empire de Constantinople: né du partage de l'Empire romain en deux, cet Empire «byzantin» est un empire chrétien, grec et riche, qui comprend de grandes villes construites en pierre; mais il est affaibli par un siècle de guerres avec l'Empire perse, et profondément divisé par des querelles théologiques sur la nature du Christ. C'est dans ce contexte que les descendants de Mahomet entreprennent la conquête du Moyen-Orient. Après les quatre califes «bien guidés», successeurs directs du Prophète, viennent les Omeyyades, qui s'installent à Damas, puis les Abbassides, qui créent une nouvelle capitale en Mésopotamie: Bagdad. L'Empire byzantin se replie sur l'Anatolie, avec Constantinople comme centre. Les Arabes, qui envahissent la Syrie, la Mésopotamie, la Palestine, sont plutôt bien reçus par les populations. Les Arabes leur apparaissent comme des libérateurs, alors que les Byzantins les étouffaient sous de lourds tributs. Progressivement, le grec, que l'on parlait jusque dans les campagnes syriennes, est délaissé au profit de l'arabe. A cette époque, le monde islamique, qui s'étend de l'Inde à l'Espagne, est florissant: les arts, les sciences se développent; on y pratique une vraie tolérance religieuse, alors qu'en Europe les hérétiques sont hors la loi. Les Arabes ne cherchent pas à convertir à l'islam, quand Charlemagne convertit les peuples vaincus par la force. Ils accordent un statut légal aux chrétiens et aux juifs de Syrie et de Palestine. A Damas et à Jérusalem, ces derniers accèdent librement à leurs lieux de culte. Dans les mêmes villes, ils fréquentent des lieux de culte voisins, certaines églises ayant même été partagées au lendemain de la conquête. Chrétiens, juifs et musulmans priant dans les mêmes lieux, cela fait rêver... En fait, dans les pays de vieille civilisation comme l'Irak et la Syrie, l'islamisation a été lente. A la fin du XIe siècle, il y a encore beaucoup de chrétiens au Moyen-Orient, en Egypte notamment... Les califes n'ont pas construit un Etat centralisé permettant de maîtriser un territoire aussi vaste. Le monde musulman s'est donc fragmenté à la suite de querelles religieuses (entre sunnites et chiites) et de séparatismes régionaux. En Egypte, les Fatimides (chiites) se proclament califes et fondent Le Caire. Et les Turcs, convertis à l'islam, eux aussi, mais sunnite, entrent à Bagdad (1055) et, après une tentative unitaire, se divisent à leur tour.
L'Occident est alors un monde primitif, avec ses châteaux en bois, ses petits seigneurs, ses chevaliers, et ses paysans pauvres et assujettis. Mais il se redresse lentement et regarde vers l'Orient. A l'époque, les pèlerinages attirent des foules: vers 1064, près de 12 000 personnes se rendent à pied à Jérusalem avec l'évêque Günther. A cause des Turcs, l'accès à la ville sainte est temporairement difficile. D'où l'idée d'aller la «libérer». En fait, en lançant son fameux appel à la croisade en 1095, le pape Urbain II conçoit un projet de plus vaste envergure: rassembler, en une grande expédition, les chevaliers indisciplinés et remettre de l'ordre dans la chrétienté. Aux croisés il offre la rémission des péchés et la suspension de toutes les actions menées contre eux en justice. Des milliers de gens répondent à l'appel. Ils marchent d'abord vers Constantinople, à la consternation des Byzantins, qui voient en eux des barbares nombreux comme des sauterelles et des hérétiques. L'empereur byzantin Alexis Ier leur fait jurer de rendre à l'empire les territoires reconquis sur les Arabes qui lui avaient appartenu. Ils ne tiendront pas parole. Car ces bons chrétiens de croisés se comportent comme des sauvages. Pour eux, seuls comptent la foi, le salut et la force. Disons-le franchement: notre historiographie a longtemps occulté la réalité de ces expéditions, en insistant sur leur aspect héroïque. Les croisés se sont comportés comme des sauvages sanguinaires, qui pillaient, violaient, massacraient. Pour les Byzantins et les musulmans, les croisades représentent la barbarie. En Rhénanie, ils exterminent les juifs, qu'ils tiennent pour les assassins du Christ. Partout, ils commettent des carnages massifs. Jusque-là, entre Byzantins et Arabes, on ne se ménageait pas, mais on échangeait tout de même les prisonniers, on passait des accords. Rien de tel avec les croisés. Il leur est même arrivé de pratiquer l'anthropophagie.
Dans la première croisade, il existe des Tafurs, dont les prédicateurs prônent le dénuement: ils combattent avec des bâtons et massacrent systématiquement les musulmans. Quand les habitants d'une ville du nord de la Syrie (Maara) se rendent, les croisés les exterminent tous; pressés par la famine, ils font cuire les corps des hommes et des enfants. Les auteurs latins en parlent très explicitement. Quand ces agréables personnages arrivent à Jérusalem, trois ans après le début de la croisade, ils ne font pas non plus dans la dentelle, n'est-ce pas? La ville resplendit sous le soleil, comme une image de la Jérusalem céleste. Pour eux, c'est un éblouissement. La Jérusalem céleste ne doit-elle pas descendre, à la fin des temps, sur la Jérusalem terrestre? Qui meurt à Jérusalem est ainsi assuré d'être auprès du Christ lors du Jugement dernier. Pieds nus, 12 000 hommes décharnés défilent autour des murailles, persuadés que Dieu, comme à Jéricho, les fera s'effondrer. En vain. Ils prennent alors la ville d'assaut. Pendant deux jours, c'est un bain de sang inouï. Musulmans et juifs sont passés au fil de l'épée ou brûlés... Les Francs éprouvent une véritable haine de tout ce qui n'est pas soi. Ils pensent qu'en tuant l'infidèle ils gagnent le paradis. On a déjà entendu cela quelque part... Cinq Etats latins sont alors créés en territoire musulman, dont le royaume de Jérusalem qui occupe grosso modo le territoire actuel d'Israël et de la Palestine. Les Francs s'installent dans les villes, la campagne restant musulmane. Dans les royaumes, on reproduit le modèle féodal de la monarchie occidentale: un roi, des seigneurs locaux, une hiérarchie ecclésiastique qui s'arroge les églises, au mépris des chrétiens d'Orient, considérés eux aussi comme des hérétiques (au bout de trois générations, ces derniers s'allieront avec les musulmans). Faibles en nombre (120 000 personnes environ), les Francs se replient dans leurs châteaux et s'appuient sur leur armée, dont les fameux Templiers. Les Etats latins sont des greffons dans un monde résolument hostile.
Oui. L'un des Etats francs, le comté d'Edesse, tombe aux mains des musulmans. L'Europe s'affole. Saint Bernard prêche une deuxième croisade. Il professe une doctrine que nous qualifierions d'intégriste: «Il vaut mieux que les païens soient tués plutôt que de laisser la menace que représentent les pécheurs au-dessus de la tête des justes», écrit-il dans De laude novae militiae. Voilà une sainte icône qui tombe... La deuxième croisade échoue. Pour les musulmans, les Francs ne sont plus invincibles! Un vieux devoir oublié resurgit: le jihad. L'émir Nur ed-Din en fait la base de son idéologie politique: Jérusalem est une terre sainte de l'islam; il faut reconquérir les territoires perdus de l'islam en réalisant son unité politique. Au nom du jihad, Nur ed-Din reconquiert le comté d'Edesse, unifie la Syrie où, à côté des mosquées, il fonde, comme institutions d'Etat, des écoles coraniques, des madrasas. Saladin, fils d'un lieutenant de Nur ed-Din qui s'est emparé de l'Egypte, reprend lui aussi l'idée de guerre sainte. Saladin est devenu un symbole à la fois pour les musulmans et pour les Occidentaux. Après coup, les chrétiens en ont fait le modèle du roi chevaleresque, de l'ennemi que l'on respecte. On a même prétendu qu'avant de mourir il s'était converti au christianisme, ce qui est faux. Partout, Saladin proclame le jihad, et la nécessité de rejeter les Francs à la mer. A Hattin, en 1187, avec ses 60 000 guerriers, il écrase les Francs. Il ne leur reste que leurs forteresses. Saladin les reprend une par une. Parmi elles, Jérusalem: Saladin ne veut pas se venger du massacre accompli autrefois par les croisés. Il fait sortir les chrétiens, les obligeant à payer un prix pour se racheter, payant lui-même le rachat de nombreux chrétiens. Il rouvre les mosquées, ferme le Saint-Sépulcre… Une fois encore, l'Europe s'émeut. Et c'est reparti pour une nouvelle croisade, que lancent de concert les rois Richard Cœur de Lion et Philippe Auguste. Elle se conclut par une trêve qui garantit la liberté des pèlerinages, en particulier le libre accès de Jérusalem aux chrétiens. Que les chrétiens viennent au Saint-Sépulcre, les musulmans n'en ont cure. Mais ils ne veulent plus d'une puissance militaire occidentale sur leurs terres. Cela n'est pas négociable. Pourtant, en Occident, le pape s'obstine. La quatrième croisade est détournée contre… les Byzantins: les croisés pillent Constantinople (1204)! Quant à la cinquième croisade, en 1217, elle vise l'Egypte, que l'on échangera contre l'ancien royaume de Jérusalem. Mais le légat du pape réclame la création d'un Etat franc en Egypte. Et la croisade tourne au désastre… L'empereur germanique Frédéric II, au terme de la croisade suivante, apporte un espoir de solution en négociant un accord sur Jérusalem donnant les mosquées d'Omar et al-Aqsa aux musulmans et le Saint-Sépulcre aux chrétiens. Une fois encore, la papauté refuse: les lieux saints doivent se conquérir par les armes, non par la négociation! Frédéric II est excommunié. Et, de nouveau, on lance une croisade. C'est cette fois Saint Louis, le bon roi de nos manuels scolaires, qui vient combattre ces «chiens d'infidèles». En réalité, le grand homme est le plus nul des stratèges! Saint Louis ne comprend pas les réalités du Moyen-Orient. Ses objectifs sont inaccessibles avec les moyens dont il dispose. Son armée est très puissante, mais il veut pousser jusqu'au Caire, s'enlise dans le delta égyptien et est fait prisonnier avec tous ses chevaliers, puis libéré contre une lourde rançon. Les mamelouks turcs en profitent pour instaurer un régime militaire en Egypte, tandis que, de leur côté, les Mongols prennent Bagdad… Quelques années plus tard, Saint Louis revient à la tête d'une ultime croisade et débarque à Tunis, où il meurt. Cette fois, les mamelouks, qui ont unifié l'Egypte et la Syrie, veulent en finir. En 1291, la citadelle d'Acre, encore tenue par les Templiers, est prise. Les Francs sont définitivement chassés. Les Etats latins, éliminés. C'est la fin de l'épisode occidental du Moyen-Orient. Ouf! Ensuite, les Turcs prendront Constantinople en 1453, et l'Empire ottoman, qui dominera le Moyen-Orient jusqu'en 1918 (voir L'Express du 12 décembre 2002), déclinera. Il ratera même la révolution industrielle. A partir du XVIe siècle, le grand commerce se détourne de la Méditerranée. A l'écart des courants dominants d'échanges, le monde musulman reste dans l'ancienne économie, tandis que l'Occident se déploie dans le monde entier et dans les Amériques. La chape impériale, militaire et religieuse qui étouffe les sociétés musulmanes empêche le développement des bourgeoisies et le décollage économique. Les conséquences des croisades sont désastreuses pour le Moyen-Orient. Elles ne sont pas seulement économiques. En effet. Ce passé a engendré une méfiance durable à l'égard de l'Occident. Comme l'a dit l'écrivain Amin Maalouf, «il est clair que l'Orient arabe voit toujours en l'Occident un ennemi naturel». N'oublions pas que les nationalismes arabes se sont fondés contre l'Europe et contre Israël, greffon qui, toutes comparaisons gardées, suscite autant d'hostilité que jadis les Etats latins. Pour avoir vécu vingt et un ans au Moyen-Orient, je peux témoigner que ce passé demeure vivace dans l'esprit des jeunes générations. Les croisades ne font plus partie de notre présent; elles sont pour nous un épisode d'un passé révolu. Les Arabes, eux, n'en ont pas oublié le prix. |
ericjeanloicbreton, 2003-02-20 09:10:42
Permalien | Ajouter un commentaire |
|
| La face cachée du Monde |
«C'est normal qu'on critique Le Monde et nous devons le prendre comme un compliment.» Dont acte. Le 4 octobre 2002, dans une interview à Livre hebdo, Edwy Plenel, directeur de la rédaction du quotidien français le plus prestigieux, légitimait, lui-même, les enquêtes et les interrogations sur son journal. Imaginait-il, cependant, que le livre que publieront, le 26 février, Pierre Péan et Philippe Cohen, sous le titre La Face cachée du «Monde», irait si loin dans l'investigation? Ce document de 600 pages, dont L'Express offre en avant-première des extraits de 7 chapitres - révélateurs sans être les plus cruels ni les plus détonants - sur 25, est une somme et un événement. Ce qu'il raconte (sur la Corse, le Rainbow Warrior, la campagne présidentielle, la chute de Jean-Marie Messier, l'échec de Lionel Jospin, etc.) est édifiant quant aux méthodes et aux arrière-pensées des dirigeants de cette institution qu'est Le Monde, mais c'est aussi une autre version de l'histoire de la vie publique française récente. Derrière le masque de l'idéal journalistique apparaît une volonté de puissance qui fait appel, disent Péan et Cohen, à toutes les ressources du pouvoir que traque, traditionnellement, la presse: le cynisme, la dénonciation à sens unique, les pressions psychologiques, l'abus de position, l'autocratie. Observé avec rigueur, dépiauté, analysé sans complaisance, soumis à la loi de l'investigateur investigué, Le Monde, soudain, apparaît comme un acteur central et ambigu de notre vie démocratique: il lui donne le ton et s'efforce de la détourner à son profit. «Le Monde fait peur», écrivit un jour son actuel directeur, Jean-Marie Colombani. C'est vrai, tant il s'est éloigné de la volonté de son fondateur, Hubert Beuve-Méry, qui voulait offrir à ses lecteurs «un regard éclairé et intellectuellement honnête sur le monde». «Le Monde fait peur». C'est vrai, tant Pierre Péan et Philippe Cohen ont rencontré de difficultés tout au long d'une enquête de deux années qui peut apparaître comme une instruction à charge, mais qui n'est rien d'autre qu'un travail journalistique utilisant les règles classiques du métier (avec la recherche de témoignages, de documents et un recoupement de l'information). «Le Monde fait peur». C'est vrai, tant nous nous sommes interrogés avant de publier ces extraits. D'abord, nous sommes suspects, à L'Express (et, en particulier, l'auteur de ces lignes), de vouloir rendre les coups que Le Monde nous a portés en 1997 quand il chercha à acheter ce journal. Ensuite, nous faisons partie, désormais, d'un groupe de presse puissant, rival d'un Monde toujours prompt à se prétendre «le seul vrai contre-pouvoir qui appartient à des journalistes qui chassent la vérité dans la transparence». Enfin, un journal en met rarement un autre en cause: ce n'est pas l'usage.
Toutes ces critiques nous seront faites. Nous avons pris, cependant, le parti de consacrer notre couverture à ce livre parce que, depuis vingt ans, tous les pouvoirs (le politique, les grandes institutions, les entreprises, les Eglises, etc.) ont été, tour à tour, soumis au contrôle des médias et y ont perdu de leur sacré et de leur superbe. Seule la presse, parce qu'elle est un contre-pouvoir et l'arme principale de la transparence démocratique, ne rend de comptes à personne, sauf en justice quand elle est poursuivie. Peut-elle s'exonérer durablement d'un regard sur elle-même au nom d'une confraternité sans faille et d'une omerta corporatiste? Depuis quelques années, Le Monde, lui-même, distribue, au nom de sa «morale», bonnes et mauvaises notes aux uns et aux autres: ainsi a-t-il dressé une liste des médias intouchables et des parias. Qu'il soit à son tour mis à nu est, donc, normal au regard même de ce qu'il préconise pour les autres. Bien des journaux ont, par ailleurs, fait l'objet de livres sans complaisance: au premier rang d'entre eux, L'Express, dont l'histoire à la fois brillante et agitée a inspiré nombre d'enquêtes. Le Monde, lui aussi, a été, dans le passé, ausculté, mais ces travaux-là ont été conduits il y a fort longtemps. Enfin et surtout, Le Monde a subi une véritable métamorphose. Ses dirigeants la revendiquent. Ses lecteurs l'apprécient ou la subissent. Mais cette mutation est de plus en plus discutée. En faire le bilan est légitime parce que Le Monde, depuis sa création, il y a plus d'un demi-siècle, joue un rôle singulier dans la vie publique française. Ce n'est pas simplement un organe de presse, c'est une institution qui participe au débat public et pèse sur lui. A ce titre, il ne s'appartient pas. C'est un médiateur-formateur des élites et de l'opinion. Plus que tout autre, il fait la leçon. Plus que tout autre, il entend être suivi. Il professe autant qu'il informe. L'information est, désormais, une donnée essentielle de nos sociétés. La crédibilité du journal qui sert de référence est donc un élément capital de la vie démocratique. C'est elle qui est en question, aujourd'hui. C'est elle que les acteurs de la vie politique, économique, sociale, culturelle et intellectuelle critiquent de plus en plus souvent, mais anonymement, par crainte des représailles. Et pour cause! Jean-Marie Colombani aurait dit à propos de ce livre événement de Pierre Péan et Philippe Cohen: «Il faudra choisir son camp. On sera pour ou contre. Je n'admettrai pas qu'on soit neutre.» Il ne s'agit pas d'être pour ou contre Le Monde, qui fut si longtemps l'honneur de la presse française. Il s'agit, en revenant simplement au journalisme, de dire ce qu'est Le Monde, à présent. Après l'examen des faits, chacun se forgera un point de vue. |
ericjeanloicbreton, 2003-02-20 09:03:26
Permalien | Ajouter un commentaire |